Timor-Oriental: vers un raz-de-marée pour José Ramos-Horta
Actualisé

Timor-Oriental: vers un raz-de-marée pour José Ramos-Horta

Le prix Nobel de la paix José Ramos-Horta était jeudi assuré de remporter une large victoire à l'issue de l'élection présidentielle au Timor-Oriental.

Les premiers résultats partiels, après dépouillement de près de 90% des bulletins, lui donnaient environ 73% des voix, selon la commission électorale nationale.

Le taux de participation atteint 80% des 524 000 électeurs inscrits au second tour de ce scrutin qui opposait Ramos-Horta et l'ancien guérillero Francisco «Lu-Olo» Guterres, chef du Fretilin (parti au pouvoir, d'inspiration marxiste).

«Je suis prêt à être président», a lancé Ramos-Horta, ne se déclarant pourtant pas victorieux avant les résultats définitifs, attendus vendredi. «Je travaillerai pour les pauvres (...) pour unir le pays et guérir les blessures.»

Une victoire apparemment sans conteste à l'issue du scrutin de mercredi, qui réveille l'espoir d'une ère de paix et de stabilité pour le petit Timor, dernier-né des pays d'Asie, un an après les sanglants affrontements et la crise politique qui avaient provoqué la chute du gouvernement Fretilin.

Le Timor-Oriental, ancienne colonie portugaise occupée pendant 25 ans par l'Indonésie, s'est prononcé pour l'indépendance en 1999, via un référendum sous l'égide des Nations unies. Après le déchaînement de violences des milices pro-indonésiennes et le déploiement d'une force de paix de l'ONU, le Timor accède à l'indépendance en 2002.

Actuellement Premier ministre par intérim, José Ramos-Horta, 57 ans, aura en cinq ans de mandat pour priorité de tenter de guérir les profondes divisions sociales et politiques qui obèrent l'avenir du petit territoire.

Dernier épisode, l'année dernière, l'affrontement entre factions rivales des forces de sécurité, qui a dégénéré en guerre des gangs, accompagnés de pillages et de violences qui ont fait au moins 37 morts et chassé 155 000 personnes de chez elles.

José Ramos-Horta, né dans une famille catholique portugaise de 11 enfants, est divorcé et père d'un enfant. Il s'enfuit de son pays, tout jeune ministre de 27 ans, après l'invasion indonésienne de 1975, devenant représentant permanent de la résistance timoraise aux Nations unies. Quatre de ses frères et soeurs succombèrent à la brutale répression indonésienne, qui fit plus de 100 000 morts.

En 1996, il partageait le prix Nobel avec l'évêque Carlo Belo pour son combat pacifique contre l'oppression indonésienne. Ce charismatique orateur devient ensuite le premier chef de la diplomatie du Timor indépendant, puis deuxième Premier ministre en juillet dernier après la chute du gouvernement Fretilin.

Le mois prochain, les Timorais retourneront aux urnes pour les législatives, qui détermineront le nom du prochain chef du gouvernement. Le président sortant, le très populaire Xanana Gusmao, allié politique de Ramos-Horta, entend «échanger les rôles» et postuler comme chef de gouvernement, histoire d'écarter le Fretilin, premier parti du pays, incarnation de la résistance mais qu'aujourd'hui beaucoup de Timorais accusent d'être responsable des violences de l'année dernière, et de mauvaise gestion en général depuis son arrivée aux commandes.

Malgré d'importantes réserves de pétrole et de gaz, le Timor est l'un des pays les plus pauvres de la planète, avec un taux de chômage de près de la moitié de la population active. Environ 60% des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition, et des dizaines de milliers de déplacés vivent toujours dans des camps. (ap)

Ton opinion