Actualisé 21.12.2016 à 10:29

Grands prédateurs

Tir d'un jeune loup autorisé en Valais

L'Office fédéral de l'environnement a donné son accord pour abattre un animal dans la région d'Augstbord. Le WWF ne comprend pas.

Le tir du jeune loup est autorisé jusqu'au 31 mars 2017.

Le tir du jeune loup est autorisé jusqu'au 31 mars 2017.

Keystone

Un jeune loup pourra être abattu dans la région d'Augstbord (VS). L'Office fédéral de l'environnement a donné son accord pour un tir de régulation. Le seuil requis de 15 animaux de rente tués en quatre mois par le prédateur est dépassé.

Le canton et l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) «constatent unanimement au moins 20 cas avérés d'animaux de rente tués par le loup durant la période du 13 mai au 20 juillet 2016, ceci malgré les mesures de protection prises. Le seuil requis de quinze animaux de rente pour la régulation de la meute d'Augstbord est ainsi dépassé», a indiqué l'Etat du Valais mercredi dans un communiqué.

Le tir d'un jeune loup est autorisé jusqu'au 31 mars 2017. Le nombre d'individus abattus ne doit pas dépasser la moitié des louveteaux nés l'année en question. Comme la présence d'une meute avec au moins trois louveteaux est confirmée, le tir d'un seul d'entre eux est pour l'heure autorisé. Les géniteurs devront être épargnés.

L'exécution du tir est du ressort du Service valaisan de la chasse, de la pêche et de la faune (SCPF). Il est autorisé uniquement sur le territoire de la meute concernée.

Si le monitoring devait révéler un nombre plus élevé de louveteaux dans la meute, le nombre de tirs serait adapté. Mais avec l'assentiment préalable de l'OFEV, précise l'Etat du Valais.

Jeunes loups de six mois

Le monitoring effectué par le SCPF a confirmé en octobre dernier la présence d'une meute dans la région d'Augstbord, au sud de Rarogne. Elle se compose du loup mâle M59, de la louve F14 et d'au moins trois louveteaux.

Le meute a pu être photographiée par le Groupe Loup Suisse (GLS). Les images diffusées en novembre dernier ont été prises par des pièges photographiques ou en direct.

Elles ne permettent pas de compter avec certitude le nombre de jeunes. Agés de six mois, il est parfois difficile de les différencier des adultes, surtout en hiver, ce qui rendra le tir d'autant plus difficile, estime le GLS.

Une meute peut comporter jusqu'à une dizaine d'individus et est sédentaire sur un territoire de 200 à 300 kilomètres carrés. Les jeunes vont la quitter à l'âge de 12 à 24 mois.

157 animaux tués

Le canton a demandé à l'OFEV l'autorisation de tirer un jeune loup en novembre dernier. Auparavant, il pouvait décider lui-même d'ordonner un tir, mais depuis la confirmation de la présence d'une meute, ce n'est plus possible.

Selon l'ordonnance sur la chasse, la régulation d'une espèce protégée est possible si la population est trop nombreuse et qu'elle entraîne d'importants dégâts ou un grave danger. En 2016 dans la région d'Augstbord, le loup a tué en tout «157 animaux de rente, en dépit des mesures de protection prises», indique l'Etat du Valais.

Incompréhension au WWF

Le WWF est très déçu et ne comprend pas la décision du canton du Valais et de l'OFEV à l'encontre de la première meute dans le canton. «Nous allons examiner le dossier, que nous avons reçu ce matin, et nous déciderons ensuite si nous nous opposons à l'autorisation de tir», a indiqué Pierrette Rey, porte-parole du WWF pour la Suisse romande.

Le WWF rappelle qu'à cette époque de l'année, il sera très difficile de distinguer les jeunes loups des adultes. Selon une étude, porter atteinte à la structure d'une meute revient à modifier les comportements de cette dernière et entraîne des dommages accrus chez les animaux de rente, avertit l'organisation écologique. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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