Braqueur du casino d'Uriage: Tollé après sa remise en liberté
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Braqueur du casino d'UriageTollé après sa remise en liberté

Polémique chez les syndicats de policiers et le gouvernement après la libération, sous contrôle judiciaire, du deuxième braqueur présumé du casino d'Uriage-les-Bains (Isère).

L'immeuble dans lequel le second braqueur présumé du casino d'Uriage-les-Bains (Isère) a été interpellé, un mois et demi après le braquage et la mort de son complice, qui avait conduit aux violences urbaines à Grenoble.

L'immeuble dans lequel le second braqueur présumé du casino d'Uriage-les-Bains (Isère) a été interpellé, un mois et demi après le braquage et la mort de son complice, qui avait conduit aux violences urbaines à Grenoble.

Nicolas Sarkozy a jugé vendredi la remise en liberté du deuxième braqueur présumé du casino d'Uriage-les-Bains «difficilement compréhensible», tandis que la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie a donné pour instruction au Parquet de faire appel et que son collègue de l'Intérieur Brice Hortefeux a exprimé sa «consternation».

En marge d'un déplacement sur le thème de l'industrie à Montbard (Côte d'Or), le président Nicolas Sarkozy s'est dit d'accord avec le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, qui a fait part de sa «consternation» et sa «très vive indignation» à l'annonce de la remise en liberté, sous contrôle judiciaire, de Moncif Ghabbour, 25 ans, mis en examen pour vol à main armée en récidive et tentative d'homicide volontaire.

Ce dernier est soupçonné d'avoir attaqué en juillet le casino d'Uriage en compagnie de Karim Boudouda, qui avait été tué lors d'un échange de tirs après une course poursuite avec les forces de l'ordre. Ce décès dans le quartier sensible de la Villeneuve à Grenoble avait provoqué en juillet plusieurs nuits de violences urbaines au cours desquelles les policiers avaient été la cible de tirs.

Jeudi soir, la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie «a donné des instructions au parquet général de Grenoble pour qu'il soit immédiatement fait appel de la remise en liberté du second mis en examen dans l'affaire du braquage du casino d'Uriage-les-Bains (Isère)», a annoncé son porte-parole du ministère de la Justice Guillaume Didier. Un appel qui sera examiné le 9 septembre, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.

«Dans cette affaire, l'extrême gravité des faits rend totalement incompréhensible que le suspect, pourtant mis en examen des chefs de vol à main armée en récidive et tentative d'homicide volontaire sur agents de la force publique, ait pu être remis en liberté, avec tous les risques pour la sécurité que crée une telle situation», a de son côté souligné Brice Hortefeux.

Syndicat écoeuré

Quant au syndicat de policiers Synergie Officiers, il y voit un «acte de forfaiture», avec «certains magistrats (qui) trahissent la mission dont ils sont investis» et «sabotent systématiquement le travail des policiers». Ces derniers «sont écoeurés». «Tout débat sécuritaire est stérile et vain tant qu'ils n'auront pas intégré qu'ils font partie de la chaîne pénale», conclut le syndicat dans un communiqué.

«Cette décision est pour nous incompréhensible», a également estimé Nicolas Comte, secrétaire général d'Unité Police SGP-FO, principal syndicat chez les gardiens de la paix. «D'une part il y a un magistrat qui le met en examen, il y a un procureur qui explique qu'il y a des éléments extrêmement lourds contre lui, et on retrouve, pour ces faits graves, cette personne en liberté. Donc la police a l'impression que, finalement, son travail ne sert pas à grand-chose», a-t-il déclaré sur France Info.

De surcroît, a-t-il noté, «les refus de mise en détention par le juge des libertés ne sont pas expliqués. Ce qui fait qu'on a véritablement une décision (...) qui apparaît comme très choquante, pour les policiers qui ont été victimes, et pour les policiers qui se sont donnés du mal pour les retrouver».

Système critiqué

Le député UMP de Gironde et ancien juge Jean-Paul Garraud a, lui, estimé dans un communiqué vendredi que cette affaire met en lumière la nécessité de «supprimer» le «système du juge des libertés et de la détention (JLD). La commission d'enquête parlementaire sur l'affaire d'Outreau, dont il a été vice-président, «avait d'ailleurs demandé sa suppression, et non celle du juge d'instruction», a-t-il rappelé.

L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) a quant à elle critiqué l'attitude du gouvernement et de certains syndicats de policiers qui «tentent de faire croire que les magistrats, par leur laxisme, sont responsables de la hausse de la délinquance et de l'insécurité en France». Le syndicat estime que cette «vaine recherche de boucs émissaires» tente d'expliquer «l'échec de la politique sécuritaire gouvernementale» et réfléchit à d'éventuelles plaintes «si les mises en cause systématiques de magistrat persistent» (ap)

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