Actualisé 05.05.2006 à 16:58

«Ton chrono s'est subitement arrêté»

600 personnes et plusieurs personnalités du ski suisse ont adressé un dernier adieu à l'ex-championne de ski Corinne Rey-Bellet et à son frère Alain.

L'église de Val-d'Illiez n'étant pas assez grande pour accueillir tout le monde, la messe funéraire a été retransmise au moyen de hauts-parleurs à l'extérieur. Plusieurs centaines d'habitants de la région ont suivi ainsi ces derniers adieux à Corinne Rey-Bellet, 33 ans, et son frère Alain, 32 ans, abattus dimanche soir dernier aux Crosets.

«Nous ne devrions pas être ici cet après-midi, à prendre congé de Corinne et Alain», a déclaré Frank Stoll le prêtre de la communauté de Val-d'Illiez. «Il n'est pas normal que des personnes meurent à cet âge, aussi dramatiquement». Il a adressé une pensée particulière au père des victimes, au petit garçon de la skieuse et à sa mère grièvement blessée dans le drame.

Rêves brisés

La skieuse Sylvianne Berthod et l'ancienne descendeuse Chantal Bournissen ont adressé un message à l'ancienne championne qui avait décidé en 2003 de mettre fin à sa carrière. Elles ont salué «la camarade de chambre, ses rires et son caractère bien trempé». «Nous qui courions toujours après les centièmes, ton chrono s'est subitement arrêté».

«Ce vendredi aurait dû être un jour de fête, puisque Alain devait se marier et fonder une nouvelle famille aux Crosets», a souligné un membre de l'école suisse de ski des Crosets-Champoussin. «Dimanche dernier, le drame a brisé tous ces rêves de bonheur». Il a rendu hommage à celui qui était le plus fidèle supporter de Corinne Rey-Bellet.

Grande famille du ski

Plusieurs membres de la grande famille du ski étaient présents à l'intérieur de l'église, dont l'ancien champion Pirmin Zurbriggen, Sonja Nef, Marie-Thérèse Nadig ou Erika Hess. Le président de la Fédération suisse de ski Duri Bezzola et son directeur Hans Ruedi Laich, de même que l'ancien directeur Jean-Daniel Mudry ont assisté à la cérémonie.

Le conseiller d'Etat valaisan Jean-Marie Rey-Bellet s'est également rendu à Val-d'Illiez. Outre le père des deux défunts, des membres et des amis de Gerold Stadler le mari de Corinne Rey-Bellet, avaient également fait le déplacement depuis Saint-Gall.

Mère absente

«La grande absente de ces funérailles a été la maman des victimes, toujours hospitalisée. dans un état stable. «Elle sait que ses enfants sont morts», a indiqué le président de Val d'Illiez, Philippe Es-Borrat, dans un entretien accordé au «Nouvelliste». A sa souffrance s'ajoute celle de ne pouvoir assister à l'enterrement, a-t-il ajouté. La maman des victimes a par ailleurs pu s'entretenir avec la police sans que le contenu de leur conversation ne soit connu.

M. Es-Borrat précise que le meurtrier présumé de Corinne et Alain Rey-Bellet, Gerold Stadler, a téléphoné à son propre père après la fusillade. L'information selon laquelle Gerold Stadler aurait téléphoné au père de Corinne Rey-Bellet était inexacte selon lui.

Le drame a suscité une grande émotion en Suisse. Corinne-Rey-Bellet, qui était enceinte de trois mois, et son frère Alain ont été abattus dimanche soir aux Crosets, alors que leur mère a été grièvement blessée. L'ancienne championne, qui était séparée de son mari, laisse un fils de deux ans et demi. Le corps de Gerold Stadler, le mari et meurtrier présumé, a été retrouvé mercredi soir dernier à Ollon (VD). Le banquier saint-gallois s'est tiré une balle dans la tête avec son arme d'ordonnance après le drame.

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