Genève/Ukraine: Torturée, Irina Dovgan a témoigné devant l'ONU
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Genève/UkraineTorturée, Irina Dovgan a témoigné devant l'ONU

Violentée par les combattants séparatistes à Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, une quinquagénaire a raconté son calvaire mercredi à Genève, devant le Conseil des droits de l'homme.

Irina Dovgan a accusé des mercenaires ossètes et tchétchènes de l'avoir rouée de coups lors d'interrogatoires à la fin du mois d'août. Elle a raconté son épreuve devant les membres de l'ONU, puis devant les journalistes, à l'invitation de l'ONG UN Watch. «En témoignant, j'espère seulement aider mon pays», a-t-elle confié.

En raison des traumatismes subis lors de sa détention, elle a indiqué qu'elle doit être hospitalisée pour deux semaines, dès son retour à Kiev jeudi.

L'esthéticienne de 52 ans, propriétaire d'un salon de beauté, a eu pour seul tort de vouloir aider les soldats ukrainiens dans son village, proche de la ligne de front. Le 24 août, une dizaine d'hommes débarquent dans sa maison à Iassynouvata, à 10 km de Donetsk.

Insultée en public

Emmenée dans un QG des séparatistes à Donetsk, accusée d'être une espionne, Irina est interrogée à plusieurs reprises, rouée de coups, menacée de viol. Elle est ensuite emmenée sur une place de la ville, avec une pancarte accrochée à son cou: «Agente des forces punitives, elle tue nos enfants.»

Insultée, Irina a la chance d'être aperçue par des journalistes étrangers. Les photos de la scène publiée par le «New York Times» suscitent une forte émotion. Elle est convoquée par un chef rebelle qui la fait libérer le 31 août, puis elle est accompagnée par des journalistes à Marioupol.

«Ma maison a été entièrement pillée, les soldats qui m'ont interrogée m'ont pris mes cartes de crédit et ont vidé mes comptes. Toute ma famille est menacée, je ne sais pas ce que je vais devenir», a affirmé Irina.

Ossètes et Tchétchènes aux commandes

Elle accuse sans détour des mercenaires venus d'Ossétie et de Tchétchénie de l'avoir torturée à Donetsk. «Ce sont des Ossètes ou des Tchétchènes qui commandent. Les Ukrainiens n'ont que les seconds rôles», a-t-elle dit.

Lors d'un interrogatoire, un des soldats avait clairement un accent russe, selon elle. Pour Irina Dovgan, la victoire des forces gouvernementales dans le Donbass était toute proche fin août, lorsque des troupes russes sont venues au secours des séparatistes. (ats)

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