Crise en Syrie: Toujours des violences malgré l'ultimatum
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Crise en SyrieToujours des violences malgré l'ultimatum

Les violences ne connaissaient pas de répit samedi en Syrie, à quelques heures de l'expiration d'un ultimatum de la Ligue arabe sommant le régime de cesser la répression de la révolte populaire.

Les violences de samedi auraient fait 17 morts dont onze civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Sept civils seraient morts à Kafr Takhareem dans la province d'Idleb (nord-ouest) dans des attaques de l'armée, tandis que deux auraient été tués par des tirs lors d'affrontements entre des militaires et des soldats dissidents à Qousseir (centre). Un civil aurait par ailleurs été tué par un tireur embusqué à Homs (centre), et un autre serait mort lors de perquisitions dans la région de Hama (centre).

L'armée syrienne a «pénétré à Chezar, dans la région de Hama, après l'avoir bombardée à l'artillerie lourde», et a «procédé à une campagne de perquisitions», ont indiqué de leur côté les Comités locaux de coordination (LCC), un groupe chapeautant les contestataires. Parallèlement, quatre agents des services de renseignement auraient été tués par des soldats dissidents, dans le centre du pays, selon l'OSDH.

Dans le même temps, deux militaires ayant fait défection auraient péri dans des affrontements avec des soldats réguliers dans la région de Homs, selon la même source. Ces nouvelles violences surviennent au lendemain de la mort de 15 civils, dont deux enfants, tués par les forces de sécurité qui ont tiré pour disperser des manifestations appelant à la chute du régime dans plusieurs villes du pays, selon les LCC et l'OSDH.

Réunion et délai

Le régime du président Bachar al-Assad n'a pas officiellement répondu aux injonctions de la Ligue arabe qui lui a donné mercredi trois jours pour cesser la répression des civils sous peine de sanctions économiques, après avoir suspendu la Syrie des travaux de l'organisation.

Selon une source au sein de la Ligue arabe, qui a son siège au Caire, le délai accordé au régime expirait samedi à 23h00 suisses. Le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Ahmed ben Hilli, a déclaré que l'organisation panarabe publierait un communiqué dans la journée, sans autre précision.

Les pays arabes reprochent au gouvernement syrien de ne pas respecter, contrairement à sa promesse, le plan de sortie de crise arabe qui prévoit la fin des violences, le retrait des troupes des villes, la libération de milliers de détenus et l'envoi d'observateurs arabes sur le terrain.

Par ailleurs, le secrétariat général de l'organisation devait se réunir en fin d'après-midi afin de se prononcer sur la demande syrienne de modifications à sa proposition d'envoyer à Damas une délégation de 500 observateurs. La Jordanie s'est d'ores et déjà dit prête à envoyer des observateurs, à la condition que Damas donne son accord.

Accentuer les sanctions

Face à la recrudescence des violences, les Etats-Unis, la France, la Turquie mais aussi l'Iran ont dit craindre une «guerre civile» alors que les attaques de militaires dissidents se multiplient parallèlement aux manifestations pacifiques.

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a évoqué la possibilité d'une «guerre civile, avec une opposition très déterminée, bien armée et finalement bien financée». L'Armée syrienne libre (ASL), qui regroupe des soldats insoumis, a intensifié son action ces dernières semaines, menant des attaques à la roquette contre des centres des services secrets et du parti au pouvoir.

Les Etats-Unis, l'Union européenne et la Turquie préconisent une accentuation des sanctions. Paris, Berlin et Londres veulent présenter au Comité des droits de l'Homme de l'Assemblée générale de l'ONU une résolution condamnant la répression et un vote devrait intervenir mardi.

Le président syrien Bachar al-Assad «a franchi le point de non retour» et risque de connaître le même sort que les anciens dirigeants libyen Mouammar Kadhafi et irakien Saddam Hussein, a pour sa part déclaré samedi le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak. (ats)

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