Actualisé 13.02.2009 à 13:35

Moratoire sur les OGM

Toujours le même épi de discorde

Les fronts n'ont pas bougé dans le débat sur les organismes génétiquement modifiés (OGM).

La gauche et les milieux écologistes sont favorables à la prolongation de trois ans du moratoire, les milieux économiques et ceux de la recherche sont contre.

La proposition du Conseil fédéral d'étendre le moratoire jusqu'en 2013 était en consultation jusqu'à vendredi. La loi actuelle court jusqu'à novembre 2010. Elle interdit de mettre en circulation des animaux génétiquement modifiés et de cultiver des plantes génétiquement modifiées à des fins agricoles. Cette interdiction ne s'applique pas à la recherche.

Jusqu'en 2015 ?

Ce projet de prolongation trouve l'appui du Groupe suisse de travail sur le génie génétique (SAG), à l'initiative du moratoire largement approuvé par le peuple et les cantons en 2005. Le groupe comprend des organisations comme StopOGM, Greenpeace, Pro Natura, BioSuisse et des associations de consommateurs ou d'agriculteurs. L'Union suisse des paysans approuve aussi cette prolongation.

Le SAG, le PS, les Verts et Ecologie libérale veulent même aller plus loin et demandent un moratoire jusqu'en 2015. Ce n'est que dans ce délai que seront connus et discutés à fond les résultats du Programme national de recherche (PNR 59) «Utilité et risques de la dissémination des plantes génétiquement modifiées», arguent-ils. Les 18 mois entre la fin prévisible du PNR 59 et la fin du moratoire sont insuffisants à leurs yeux.

Les mêmes organisations et partis approuvent l'extension du droit de recours des associations à la dissémination expérimentale d'OGM. La compétence des milieux écologistes pour évaluer la pertinence de telles expérimentations est prouvée, poursuivent-ils. Le droit de recours a aussi la faveur du PDC. Les écologistes et la gauche voudraient même étendre ce droix aux organisations paysannes et de consommateurs.

Craintes pour la place économique

Tout autre son de cloche du côté des opposants, qui craignent pour la recherche et la place économique. L'Union suisse des arts et métiers (Usam) et economiesuisse s'opposent résolument à la prolongation du moratoire. En période économique difficile, il convient de ne pas freiner le progrès ni l'innovation, estiment ces dernières.

Avis partagé par les Libéraux-Radicaux (PLR), le PDC, l'UDC et Gen Suisse. La fondation financée par l'association des entreprises pharmaceutiques Interpharma estime que le moratoire met en péril le standing technologique de la Suisse et l'acquisition de savoir- faire.

Et de faire valoir l'importance de la recherche en biotechnologie «verte» pour l'alimentation mondiale, domaine dans lequel la Suisse a déjà contribué à d'importants progrès. Un moratoire a aussi un impact négatif sur la relève scientifique: les étudiants rechignent à se lancer dans la recherche biotechnologique sachant que leurs perspectives en Suisse sont restreintes, écrit le groupe Forschung für Leben (»Recherche pour la vie»).

Enfin, Gen Suisse estime que la pression politique sur le programme national PNR 59 - pression que le Conseil fédéral veut éviter avec la prolongation du moratoire - est déjà très élevée et qu'une extension du moratoire n'y changera rien.

Pour le PLR et l'UDC, les sévères dispositions dans la loi sur le génie génétique suffisent en outre à garantir un maniement sûr et responsable de cette technologie. (ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!