Expérimentation animale - Toujours moins d’animaux utilisés pour la recherche 
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Expérimentation animaleToujours moins d’animaux utilisés pour la recherche

Au total, environ 556’000 animaux ont été utilisés à des fins expérimentales en Suisse l’an dernier. C’est 2,8 % de moins qu’en 2019. Sur cinq ans, la baisse est de 18%.

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Selon la loi, «les douleurs, les maux, les dommages, l’anxiété ou d’autres contraintes» subies par les animaux doivent  être justifiés par des intérêts prépondérants de la société ou de l’environnement.

Selon la loi, «les douleurs, les maux, les dommages, l’anxiété ou d’autres contraintes» subies par les animaux doivent être justifiés par des intérêts prépondérants de la société ou de l’environnement.

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En 2020, le nombre d’animaux ayant fait l’objet d’expérimentations a continué de décroître, notamment dans la recherche fondamentale. Cette tendance a été renforcée par la pandémie de Covid-19. En effet, certaines expériences n’ont pas pu être menées en raison des restrictions, indique l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) lundi. Ce recul s’inscrit dans une tendance plus large, qui dure depuis 2015 et qui se traduit par une contraction d’environ 18% du nombre d’animaux utilisés à des fins expérimentales sur cinq ans.

La législation sur la protection des animaux distingue quatre catégories de contrainte, qualifiées de degrés de gravité (de 0 à 3). On considère que les expériences de degré 0 n’occasionnent pas de contrainte, c’est le cas par exemple des études d’observation. Celles de degré 1 causent des douleurs légères et de courte durée. Celles de degré 2 correspondent à une contrainte moyenne. Enfin, celles de degré 3 font subir des contraintes sévères aux animaux.

Hausse des expériences très contraignantes pour les animaux

En 2020, quelque 12’500 essais de degré 2 en moins par rapport à 2019 (–8%) ont été réalisés. C’est le premier recul observé depuis 2012 pour cette catégorie. À l’inverse, environ 1400 animaux de plus ont fait l’objet d’expériences de degré 3 (+7,8 %). Dans le même temps, les essais des degrés de gravité 0 et 1, degrés les plus bas, ont concerné environ 5000 animaux de moins (–1,2%).

Cette évolution à la hausse des expériences de degré 3 dure depuis 2013. Elle s’explique, en partie, par le reclassement en catégorie 3 du degré de gravité de certains essais, intervenu en 2018. Environ 94 % des expérimentations de cette catégorie procèdent de la recherche sur les maladies humaines.

Peu d’expériences liées au Covid

En 2020, 1328 animaux ont été utilisés pour la recherche sur le Covid-19 dans le cadre de 18 essais autorisés, soit 0,2 % de toutes les expériences sur les animaux. La plupart des animaux (73 %) ont subi des contraintes de degré 1. Aucun n’a fait l’objet d’expériences de degré 3. Dix expérimentations avaient pour objet la recherche fondamentale sur les vaccins. Cinq étaient axées sur l’immunologie, tandis que les trois autres s’intéressaient à la transmission du virus.

L’expérimentation animale est réglementée dans la loi sur la protection des animaux (LPA). Pour pouvoir effectuer des interventions ou des manipulations sur des animaux à des fins expérimentales, les chercheurs doivent déposer une demande auprès de l’autorité cantonale compétente. Dans cette demande, ils doivent donner une description et une justification précises des mesures envisagées dans le cadre de l’expérience. Ils doivent établir, en outre, qu’il n’existe pas de méthode de substitution à l’expérience pour laquelle ils demandent une autorisation et que les contraintes imposées aux animaux sont les plus faibles possibles. De plus, il doit être démontré, dans le cadre d’une pesée des intérêts, que les douleurs, les maux, les dommages, l’anxiété ou d’autres contraintes sont justifiés par des intérêts prépondérants de la société ou de l’environnement.

Les demandes sont examinées par une commission cantonale pour les expériences sur les animaux. En sa qualité d’autorité chargée de la haute surveillance de l’expérimentation animale, l’OSAV peut faire recours contre les autorisations cantonales (art. 25 et 40 LPA). Les cantons sont tenus de communiquer à l’OSAV toutes les autorisations qu’ils délivrent dans ce domaine.

(gma)

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