Toujours plus d'homosexuels infectés par le VIH
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Toujours plus d'homosexuels infectés par le VIH

A contrario, la tendance est plutôt à la baisse chez les hétéros. Plusieurs spécialistes avancent quelques pistes pour expliquer cette hausse et ce clivage.

Depuis vingt ans, les hommes qui ont des rapports avec des personnes du même sexe semblent avoir développé des stratégies de réduction des risques comme alternative au préservatif, explique à l'ATS Steven Derendinger, chef du projet Hommes qui ont des rapports sexuels avec d'autres hommes (HSH) à l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Et d'énumérer le sérosorting (fréquenter un partenaire du même statut sérologique), le dipping (relations anales sans éjaculation dans le partenaire) ou le réseau de compagnons sexuels régulièrement testés.

Méthodes pas sûres

Ces méthodes sont forcément moins sûres que le préservatif, rappelle le collaborateur de l'OFSP. «Elles comportent un risque résiduel d'infection plus élevé, d'autant plus si son partenaire sexuel est en phase de primo-infection».

C'est surtout durant cette phase, qui correspond aux premières semaines qui suivent la contamination, que le VIH peut se transmettre, précise Thomas Lissy, porte-parole de l'Aide suisse contre le sida. Et les tests standards ne peuvent alors pas encore confirmer la présence du virus; les anticorps n'étant pas encore développés à ce moment-là, indique Steven Derendinger.

Vu le taux de prévalence du VIH nettement plus élevé chez les gays que les hétéros, une relation sans préservatif a plus de risque d'être «fatale», souligne Vincent Jobin, responsable du domaine de la santé sexuelle à Dialogai à Genève.

Versatilité des rôles

Certaines pratiques, plus répandues chez les homosexuels, expliquent aussi ce fossé. «Sans protection, les risques d'infection sont plus élevés avec la pénétration anale qu'avec la pénétration vaginale», poursuit M. Derendinger.

En outre, la personne qui est pénétrée a plus de risques que son partenaire d'être contaminée. «Le fait que les gays pratiquent la versatilité des rôles et qu'ils aient de multiples partenaires (12 à 15 par année chez certains) augmente encore la probabilité d'être infecté», ajoute Vincent Jobin.

Bien dans la tête

Ce dernier met aussi en avant des facteurs psychologiques pour expliquer cette tendance. Sur 250 personnes interrogées dans le cadre d'une étude sur la santé mentale des homosexuels, 18% avaient des problèmes d'anxiété, d'estime de soi ou de dépression, poursuit M. Jobin.

Et de conclure que ces sentiments peuvent parfois pousser à des comportements à risque. A ses yeux, il faut donc favoriser un état de bien-être chez les gays. Dans cette optique, Dialogai lancera une campagne sur le sujet en octobre ou novembre. (ats)

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