Réforme de l'éducation: Toujours plus d'universitaires: «insensé»
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Réforme de l'éducationToujours plus d'universitaires: «insensé»

Augmenter le nombre d'universitaires en Suisse et rompre avec le système d'apprentissage en entreprise est une mauvaise idée, selon Thomas Daum.

Pour le président de l'Union patronale suisse, le pays ne doit pas remettre en cause son modèle de formation.

«Nous avons besoin d'universitaires, mais nous avons aussi besoin de travailleurs possédant des compétences pratiques», a indiqué Thomas Daum, président de l'Union patronale suisse, dans une interview lundi au TagesAnzeiger.

Selon lui, «la force de la Suisse» réside dans la complémentarité de ces deux orientations. Si l'une est favorisée au détriment de l'autre, on risque d'étouffer de nombreux talents.

Il ajoute qu'augmenter le nombre des maturités conduirait à déprécier ce diplôme et obligerait les universités à mettre en place des examens d'admissions. Il juge «insensé» la volonté des universités de faire passer le nombre de diplômés de 20 à 70% de la population suisse d'ici à vingt ans.

Le fait que la Suisse importe certaines compétences spécialisées comme les ingénieurs ou les médecins sans avoir besoin de les former n'est pas un problème. Et de prendre l'exemple des écoles polytechniques fédérales où 50% des doctorants sont étrangers: «Beaucoup retournent ensuite dans leur pays d'origine».

Manque de scientifiques

Il y a trop d'étudiants en sciences sociales et pas assez d'ingénieurs et de diplômés en sciences naturelles. «Les besoins de l'économie ne correspondent pas à la répartition actuelle des étudiants», insiste Thomas Daum.

Il plaide par ailleurs pour une augmentation des droits d'inscriptions avec, en parallèle, la mise en place d'un système de bourses efficace.

«Concurrence et collaboration» doivent être à la base des relations entre les universités suisses. Dans le même temps, un espace universitaire commun doit être crée. Celui-ci devrait donner plus de poids aux entreprises dans la formation académique.

Enfin, le directeur de l'Union patronale suisse soutient la création d'un département fédéral de la formation «à condition que la formation professionnelle soit mise sur un pied d'égalité avec la filière universitaire». (ats)

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