Actualisé 30.06.2008 à 10:37

Toujours plus de cancers du poumon chez les femmes

Les décès dus aux maladies cardiovasculaires ont fortement reculé en Suisse entre 1970 et 2004. Le nombre de femmes touchées est en passe de dépasser les hommes.

Par contre, les décès féminins par cancer du poumon se sont multipliés et ils croissent à chaque génération. C'est ce qui ressort d'une étude publiée lundi par l'Office fédéral de la statistique (OFS).

Les maladies cardiovasculaires causent chaque année près de 22'000 décès en Suisse - soit une soixantaine de décès chaque jour, en moyenne - ce qui correspond à 37% de l'ensemble des décès. La fréquence de cette cause a diminué de plus de la moitié entre 1970 et 2004. Cette diminution concerne aussi bien les hommes que les femmes, selon l'OFS.

Les changements dans l'alimentation et l'activité physique, la prévention primaire, le traitement de l'hypertension et du cholestérol, l'amélioration des diagnostics et des soins sont à l'origine de ce recul.

Poumons

La mortalité par cancer du poumon a évolué de manière très différente pour les deux sexes. En 1970, on comptait une femme pour 11 hommes parmi les personnes décédées d'un cancer du poumon. Cette proportion était descendue à 1 femme pour 4 hommes en 2000 et elle est quasiment de 1 pour 2 dans les plus jeunes générations. «De nombreux décès sont à craindre dans les années à venir et le cancer du poumon dépassera bientôt le cancer du sein comme cause de mortalité chez les femmes», écrit l'OFS.

Chez les femmes, le cancer le plus fréquent est aujourd'hui le cancer du sein, suivi du cancer du poumon et du cancer du côlon. Ces trois types de cancer étaient en 2004 à l'origine de 38% des décès féminins dus au cancer. Les autres types de cancer fréquents sont les lymphomes et leucémies, le cancer des ovaires et, moins fréquent, le cancer de l'estomac.

Chez les hommes, le cancer du poumon reste le plus fréquent, suivi du cancer de la prostate et du cancer du côlon. Ces trois principaux types de cancer sont responsables à eux seuls de 32% des décès dus au cancer chez les hommes. Les autres tumeurs fréquentes sont les différentes formes de lymphomes et leucémies, du pancréas, du foie, de la vessie, de l'estomac et de l'oesophage.

Evolutions divergentes

La mortalité par cancer du poumon a évolué de manière très différente pour les deux sexes. La mortalité masculine a commencé à diminuer en 1986. En 2004, elle avait reculé d'un tiers par rapport à 1984. A partir de la génération 1920-1924, chaque génération a connu, pour un âge donné, un taux de mortalité égal ou inférieur à celui de la génération précédente.

Chez les femmes en revanche, chaque génération a connu une mortalité égale ou supérieure à la génération précédente. La proportion de fumeuses a régulièrement augmenté entre les années 50 et la fin des années 90, ce qui a entraîné une lente, mais constante augmentation de la mortalité entre 1970 et 2004.

Parmi les cancers, on note une forte diminution du cancer de l'estomac, lié à la baisse de la consommation de produits fumés ou conservés dans le sel, et du cancer du col de l'utérus, grâce à la généralisation des frottis qui permettent une détection précoce et un meilleur pronostic. Les autres cancers n'ont enregistré que de faibles baisses de mortalité.

Sida

Les premiers décès dus au sida ont été enregistrés en Suisse en 1986. Leur nombre a atteint un pic de 662 décès en 1994. On dénombre actuellement une centaine de décès par an. La majorité des femmes décédées sont nées entre 1955 et 1969. Chez les hommes, les générations les plus touchées sont celles nées entre 1950 et 1964, mais la génération 1965-69 et les personnes nées avant 1950 ont également été touchées, bien que plus faiblement. Il s'agit des générations qui ont passé la première partie de leur vie adulte entre le moment de l'émergence du VIH/sida et celui où la prévention et les nouveaux traitements ont déployé leurs effets.

Suicide

Après avoir augmenté durant les années 80, la mortalité par suicide chez les jeunes adultes est en diminution, alors qu'elle augmente fortement chez les personnes de plus de 80 ans. Les décès suite à des maladies infectieuses autres que le VIH/sida ont diminué de moitié entre 1970 et 1980, puis ils se sont stabilisés. Le nombre de décès par cirrhose alcoolique a été divisé par deux entre 1970 et 2004. (ap)

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