Actualisé 14.03.2016 à 15:12

NeuchâtelTour de vis pour arrêter les dealers plus vite

Le canton veut pouvoir condamner les petits trafiquants de drogue plus rapidement, dans le but de coincer les récidivistes pour de bon.

Le canton de Neuchâtel est satisfait de son opération anti-deal baptisée NARKO, appliquée depuis 2014: les trafiquants de cocaïne sont trois fois moins visibles dans la rue. Une meilleure coordination entre les acteurs concernés et des procédures plus rapides ont renforcé son efficacité.

«La rue appartient aux citoyens et non aux trafiquants», affirme Alain Ribaux, conseiller d'Etat en charge de la justice et de la sécurité. NARKO a réussi à bousculer, déranger et sanctionner ce trafic, a-t-il indiqué lundi devant la presse, tirant le bilan de cette opération qui pour l'instant reste en vigueur.

Cinq enquêteurs spécialisés, renforcés par trois à cinq gendarmes, se consacrent à la répression de ce trafic en pleine rue. Ils récoltent des témoignages, traquent les flagrants délits, et procèdent aussi à des achats fictifs pour confondre les malfaiteurs.

Depuis début 2015 jusqu'à ce jour, près de 300 personnes ont été dénoncées dont 130 pour trafic. Les condamnations sur ordonnance pénale ont totalisé un peu moins de 4600 jours de prison ferme et environ 2400 jours-amende avec sursis. Actuellement, 32 trafiquants sont sous mandats d'arrêt annoncés à toutes les polices suisses.

19 trafiquants en prison

Les efforts conjoints des différents services concernés dans le canton ont permis d'arrêter 19 trafiquants. Le cumul des peines de prison que ceux-ci purgent ou ont purgé dépasse les dix ans au total.

Pour faire exécuter ces peines, encore fallait-il des cellules disponibles dans un contexte de surpopulation carcérale. La prison de La Promenade à La Chaux-de-Fonds, dont les travaux de rénovation sont finis, a pu réserver cinq places de détention pour NARKO.

La chaîne pénale, trop cloisonnée, manquait aussi de cohérence. Les autorités politiques et judiciaires ont donc resserré la coordination entre police, Ministère public, service pénitentiaire et service des migrations.

Chacun travaillait dans son coin, pestant contre les autres sans avoir conscience de leurs contraintes, a expliqué Olivier Guéniat, chef de la police judiciaire. La solution: une réunion mensuelle où une quinzaine d'intervenants échangent directement les informations.

Condamner plus tôt

Cette nouvelle politique repose aussi sur un concept-clé: la rapidité. Habituellement, le délai est long entre un comportement illicite et l'exécution d'une peine de prison. Une première condamnation de gravité faible ou moyenne est assortie d'un sursis.

Il faut donc accélérer la procédure: limiter l'enquête à l'essentiel pour prononcer une première peine le plus tôt possible, a détaillé le procureur général Pierre Aubert. L'infraction suivante peut ainsi être sanctionnée de prison ferme en tant que récidive.

Chacun travaille d'arrache-pied y compris la nuit et le week-end: intervention policière, alerte au procureur de permanence, auditions, investigations, procès-verbaux. Puis l'ordonnance pénale donnée en main propre à l'intéressé, dissuadé de récidiver face à la probabilité de finir derrière les barreaux. (ats)

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