Actualisé 23.03.2016 à 08:07

MaltraitanceTourisme animalier: les pires attractions

Une ONG a dressé la liste des dix attractions touristiques les plus cruelles envers les bêtes.

Dans une récente étude intitulée «Le client n'a pas toujours raison: Les conséquences de la hausse du tourisme animalier sur la conservation et le bien-être des animaux», des chercheurs de l'Université d'Oxford se penchent sur les pires pratiques du secteur.

Le Monde.fr relève que l'étude a été commandée par l'ONG World Animal Protection pour alerter les clients: paradoxalement, la plupart d'entre eux participent à ces activités «par amour des animaux», note l'association.

Vingt-quatre «attractions» touristiques mettant en avant des animaux à travers le monde ont été passées à la loupe et classées selon cinq critères: les animaux ont-ils faim ou soif? Sont-ils victimes d'inconfort? Ont-ils des douleurs, des maladies ou des blessures? Agissent-ils normalement? Ont-ils peur ou sont-ils stressés? Sur la base de ces données le rapport final dresse une liste de 10 attractions touristiques «parmi les plus cruelles».

Le «crush»

Les promenades à dos d'éléphants, notamment en Thaïlande ou en Afrique du Sud, figurent en tête. Pour obliger les animaux à se montrer dociles pour ces balades, «ils sont séparés de leur mère alors qu'ils sont encore bébés, et soumis à un terrible entrainement appelé «le crush» explique le rapport: élevés dans de très petites cages ou attachés par des cordes ou des chaînes, ils sont battus et volontairement blessés. L'objectif: assurer un rapport de domination. Même une fois «soumis», ils sont isolés et contraints à vivre dans un enclos inadapté à leur taille, quand ils ne sont pas attachés. Leurs blessures sont rarement soignées.

En deuxième et troisième position figurent «les selfies avec des tigres» et «les promenades au milieu des lions». Là encore, les petits tigres sont séparés de leur mère pour des opérations photos avec des touristes qui se passent l'animal de flash en flash pendant des heures, avant de retourner à leur cages ou à leurs chaînes, en Thaïlande mais aussi en Australie ou en Argentine. Même chose avec les lions en Afrique du Sud. Quand ils sont trop grands, ils sont parfois promenés en laisse au milieu des touristes.

Ours, dauphins et signes «dansants»

Les «parcs à ours» font souffrir ces derniers, poursuit le rapport. Les ours sont normalement solitaires dans la nature, et la surpopulation des enclos les pousse à se battre. Ils sont aussi parfois «déguisés en clown» ou entraînés dans des cirques (voir galerie photos).

Moins connues, les activités liées aux tortues de mer sont souvent dangereuses pour celles-ci. Aux îles Caïman par exemple, les touristes peuvent les prendre dans leur bras, leur causant ainsi un énorme stress. Elles perdent parfois des griffes en se débattant pour se libérer, et certains touristes surpris les laissent tomber au sol.

En sixième position arrivent les très controversés «spectacles de dauphins», interdits dans plusieurs pays à cause des souffrances causées aux animaux. Attrapés en mer avec des filets de pêche, de nombreux dauphins meurent littéralement de stress avant d'arriver à destination, affirme le rapport. Les piscines dans lesquelles sont conservés ceux qui survivent sont trop petites, trop peu profondes pour éviter les coups de soleil, et chimiquement traitées.

Les «singes dansants», repérés principalement en Thaïlande, sont maltraités, «déguisés, forcés à danser ou à réaliser des tours pour des groupes de touristes». Quand ils n'assurent pas le show, ces macaques sont enchaînés ou enfermés dans des cages.

Les civettes s'automutilent

Les civettes, qui mangent les cerises de caféier et produisent des grains de café très prisés récupérés dans leurs excréments, sont elles aussi bien mal en point dans les plantations de café asiatiques. Enfermées, elles sont nourries exclusivement de cerises de caféiers afin d'augmenter la production de grains. Certaines, victimes du stress, s'automutilent.

Les charmeurs de cobras, qui doivent arracher les dents des serpents pour pouvoir travailler avec ces derniers, arrivent en neuvième position. Enfin, les crocodiles, «très sensibles au stress», sont victimes de maltraitance dans les fermes ouvertes aux touristes, où ils sont élevés pour leur viande et leur peau. Les enclos sont là encore surpeuplés et ils sont poussés à se battre pour leur survie.

(NewsXpress)

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