Actualisé 26.04.2016 à 15:34

Procès pour pédophilie à Vevey (VD)«Tourner les pages du dossier est insoutenable»

Un pédophile récidiviste traquait des images de nourrissons abusés sur le Darknet. Trois ans et demi de prison et un traitement en milieu fermé réclamés.

de
Christian Humbert
photo: Keystone

C'est la troisième fois que Peter* occupe la justice vaudoise pour avoir téléchargé des milliers d'images pédophiles d'une violence extrême: des bébés égorgés et sodomisés. Douze ans que cet ingénieur de 30 ans s'abreuve des pires horreurs, de celles qui empêchent la procureure Magali Bonvin de dormir. Même en cours d'enquête, même pendant sa détention, il n'a cessé d'engloutir des scènes abjectes impliquant des enfants violés. Sa détention, il l'a vécue comme «une colonie de vacances».

Le discours de ce Suisse à la gueule d'ange, bien élevé, bien entouré, bien formé, n'a pas changé depuis sa première condamnation en 2007: «J'ai compris que c'est comme de faire du mal à ces enfants même si je ne paie pas». A chaque fois, il a promis de se comporter mieux à l'avenir. Pour recommencer aussitôt. Le psy qui l'a examiné partage l'avis de la procureure: «Les risques sont trop grands sitôt sorti. Il faut l'encadrer en milieu fermé».

«Tourner les pages du dossier est insoutenable»

Magali Bonvin a donc réclamé 3 ans et demi de prison et surtout un traitement en milieu fermé. Ce sont les médecins qui décideront de l'avenir et de la réintégration de Peter. La défense veut 2 ans et un traitement ambulatoire. Et pourtant Me Ludovic Trivelli, l'avocat de la défense, admet aussi que de «tourner les pages du dossier est insoutenable». Mais son client «n'a pas tué. Il a seulement téléchargé.»

Le risque de passer à l'acte n'est pas exclu chez cet homme qui «fantasme sur une petite qui se fait monter par un poney». Celui que ses copains de classe traitaient de pédé en le violentant est allé chercher les images les plus trash sur le Darknet, plus difficile à censurer. Il est considéré comme totalement addict. Il raconte la même chose qu'en 2012: « C'est horrible. Je n'ai pas de mots. Je savais que c'était mal, que des enfants souffrent. Je ne me rendais pas compte».

Le policier spécialiste de cette traque est choqué: «C'est un niveau très élevé de pédopornographie». Pour l'expert psy, le prévenu a deux visages et «joue avec l'autorité. Seule la prison le freine.» Selon sa mère d'ailleurs, la réclusion «lui a fait du bien». Le tribunal de Vevey dira vendredi pour combien de temps.

*Prénom d'emprunt

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