«Match de la Paix» à Bâle: «Tous s'inquiètent pour notre peuple»
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«Match de la Paix» à Bâle«Tous s'inquiètent pour notre peuple»

Mercredi soir, le FC Bâle et le Dynamo Kiev ont joué une partie amicale (2-3). Des moments pas comme les autres pour des joueurs ukrainiens, en pleine tentative d’invasion de leur pays par la Russie.

par
Robin Carrel
(Bâle)
Le drapeau de la paix a flotté sur le stade rhénan.

Le drapeau de la paix a flotté sur le stade rhénan.

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Avant même cette rencontre au Parc St-Jacques, le Dynamo Kiev avait levé plus de 22 millions de Hryvnia, au cours de leur tournée européenne. C'est environ 750'000 francs suisses. Cette somme a dû s'envoler mercredi soir, lors de la partie amicale contre Bâle, la dernière date de ses matches amicaux caritatifs joués à travers le Vieux Continent. Sur les rives du Rhin, ils étaient plus de 15'000 à avoir fait le déplacement pour ce «Match de la Paix» forcément pas comme les autres.

«Cette tournée est bonne pour nous tous, s'est félicité le défenseur Mykyta Burda, entré à un quart d’heure de la fin contre le FCB. Nous jouons face à des équipes fortes et, en plus, nous avons la possibilité d'aider l'Ukraine, en récoltant de l'argent qui amène des contributions caritatives dans notre pays et qui sont destinées aux besoins des personnes touchées par la guerre. Bien sûr, nous aimerions que tout se passe normalement et que nous n'ayons pas à jouer de tels matchs. Ce serait mieux si la paix revenait et que nous puissions jouer dans le championnat ukrainien, comme avant…»

Car la compétition domestique a logiquement été arrêtée par la tentative d'invasion russe, les joueurs étrangers sont rentrés comme ils ont pu au pays - ou été prêté ailleurs - et les meilleurs Ukrainiens commencent ces jours à préparer les barrages de qualification à la Coupe du monde au Qatar, renvoyés en mars dernier. Ce n'est pas pour autant que les Kiéviens ont rangé les crampons et les protège-tibias. Depuis la mi-avril, ils ont gagné à Galatasaray (1-3), face au Legia Varsovie (1-3) et au Borussia Dortmund (2-3), ainsi que partagé l'enjeu contre Cluj (0-0) et face au Dinamo Zagreb (2-2).

«Ma journée commence et se termine en lisant les nouvelles...»

Mykyta Burda, défenseur du Dynamo Kiev

«Peu importe que ce soient des parties amicales ou officielles pour nous, assure l'international ukrainien. On se donne toujours à fond. On se prépare très sérieusement. Notre coach (ndlr: le légendaire Mircea Lucescu) exige de nous le maximum. Il veut que nous gagnions quel que soit l'enjeu, tout en produisant un football de qualité et en réussissant les combinaisons qu'il nous enseigne. Partout où nous allons, nous sommes accueillis chaleureusement par les supporters comme les joueurs adverses. Ces derniers nous posent pas mal de questions sur la situation ou pays. Tous s'inquiètent pour notre peuple.»

Pas facile toutefois, pour ce joueur né il y a 27 ans dans la région de Donetsk actuellement sous le feu ennemi, d'oublier la situation dans laquelle Vladimir Poutine a plongé son peuple. Si sa famille et ses amis ont pu être mis en sécurité (sa maman s'est par exemple réfugiée à Kiev), il n'en reste pas moins qu'il est impossible d'avoir la tête au football. «Ma journée commence et se termine en lisant les nouvelles... Bien sûr, il y a des moments où j'essaie de m'accorder une pause, car il y a beaucoup d'informations et c'est lourd à force. Mais, bien sûr, je surveille constamment ce qu’il se passe chez nous.»

Au moins, mercredi soir, a-t-il pu penser à autre chose pendant 90 minutes.

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