Votations 15 mai: tout ce qu'il faut savoir sur le don d’organes
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Votations fédérales du 15 mai 2022Tout ce qu’il faut savoir sur la minirévolution du don d’organes

Le peuple doit se prononcer sur le consentement présumé en matière de don d’organes. D’abord initiative populaire, transformée en contre-projet, la proposition a perdu en envergure. Tour d’horizon des enjeux.

par
Pauline Rumpf

Alors que le débat a été lancé par une initiative populaire, c’est finalement sur un contre-projet du Parlement que les Suisses devront se prononcer le 15 mai prochain (retouvez ici le live des votations). S’il est accepté, c’est une minirévolution qui aura lieu, loin de celle annoncée à l’origine.

Résultats des votations 

Suivez la journée des votations du 15 mai en direct sur notre live ticker. Les Suisses sont favorables au consentement présumé pour le don d’organes.

Don d’organes: sur quoi on vote?

Si c’est oui le 15 mai, chacun sera considéré comme un donneur d’organes potentiel s’il n’a pas exprimé son désaccord avant sa mort. Il s’agit toutefois d’un consentement présumé «au sens large»: les proches pourraient toujours s’y opposer s’il n’existe pas de preuve d’un consentement explicite du défunt. Ce changement est léger: n’est donneur actuellement que celui qui y a consenti explicitement avant sa mort, sinon ce sont ses proches qui décident. En cas de doute, s’ils sont injoignables, aucune transplantation n’aura lieu.

Qui est pour cette loi sur la transplantation, et pourquoi?

Le Parlement et le Conseil fédéral sont tombés d’accord sur cette proposition de loi après le retrait d’une initiative populaire proposant un modèle de «consentement présumé» du don d’organes, laissant encore moins de place à l’intervention des proches. Celle-ci était soutenue par des médecins, politiciens et associations spécialisées dans le domaine, dans le but d’augmenter le nombre d’organes à transplanter et ainsi sauver des vies en diminuant le temps d’attente. Le texte soumis au vote fait lui aussi largement consensus, étant plus restrictif que l’initiative.

Aujourd’hui, 75% de la population se dit favorable au don, mais les proches appelés à trancher pour une personne décédée refusent dans 60% des cas, rappelle Swissinfo. Pourtant, en 2021, 72 personnes sur liste d’attente sont décédées et 1434 malades attendaient une transplantation.

Qui soutient le référendum, et pourquoi?

Un comité référendaire entièrement alémanique, présidé par une sage-femme socialiste et un médecin, s’est élevé contre le texte du Parlement. Il s’oppose à l’idée que le silence soit une forme de consentement à la transplantation, et se dit inquiet que des citoyens ignorent la nécessité de formuler leur opposition à un prélèvement. Leur crainte se dirige particulièrement vers les populations précarisées ou étrangères, qui n’entreprendraient pas forcément les démarches de leur vivant. Selon le comité, les proches subiraient aussi une pression accrue en cas de oui.

L’UDC et une partie du Centre s’opposent également au projet, notamment parce que les considérations éthiques et religieuses n’ont pas été assez prises en compte à leur goût. Ils estiment par ailleurs que la nouvelle loi reviendrait à une forme de contrainte.

Tout sur les votations fédérales du 15 mai 2022


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