Tout le monde n'exige pas la démission de Christoph Blocher
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Tout le monde n'exige pas la démission de Christoph Blocher

Si 42,5 % des Suisses n'exigent pas la démission immédiate de Christoph Blocher, 60 % réclament son départ s'il est établi qu'il a trempé dans un «complot».

Pour Elisabeth Kopp, les erreurs du ministre de la justice «ne justifient pas une démission».

Interrogée par la presse dominicale sur l'affaire Blocher - Roschacher, l'ancienne conseillère fédérale contrainte à la démission pour avoir averti son mari d'une enquête en cours, prend la défense du ministre UDC: «je ne peux pas imaginer que le conseiller fédéral Blocher ait agit de telle manière. Il est trop direct et intelligent pour cela», dit-elle.

Mme Kopp part du principe que M. Blocher cherchait une évaluation objective du Ministère public de la Confédération. Mais il est vrai qu'il aurait dû éviter des fautes telles qu'outrepasser ses compétences, reconnaît-t-elle.

Présomption d'innocence

Du côté de la population, la tendance est à la présomption d'innocence. En l'état, sur la base du rapport publié par la Commission de gestion du Conseil national mercredi, seuls 25,5 % des Suisses estiment que Christoph Blocher doit quitter le Conseil fédéral, indique un sondage.

Mais si l'enquête établit que M. Blocher a bel et bien participé à un complot visant à faire tomber Valentin Roschacher, la part des personnes exigeant sa démission passe à 60,3 %.

Sur l'idée même d'un complot à l'encontre de l'ancien procureur, les avis sont partagés. Près de la moitié des sondés (44,4 %) n'ont pas répondu à la question de savoir si Christoph Blocher a manoeuvré dans le but de faire démissionner Valentin Roschacher, 22,2 % pensent que c'est le cas et 33,4 % rejettent cette hypothèse.

Pas besoin d'un complot

La question est déjà toute tranchée pour le conseiller national Alexander Baumann (UDC/TG): il n'y a jamais eu de complot contre l'ex-procureur. Dans une interview diffusée samedi, il affirme qu'il n'était même pas nécessaire de discuter d'un plan pour mener à l'éviction du procureur car celui-ci commettait erreur sur erreur.

Si les conséquences de ce rapport sur la situation du ministre de la justice ne sont pas encore connues, tous les acteurs concernés ne peuvent pas en dire autant. Lucrezia Meier-Schatz, présidente de la sous-commission, est l'objet de violentes menaces depuis mercredi dernier. La conseillère nationale PDC est même sous protection policière.

Une femme à abattre

Aux yeux du secrétaire général des démocrates chrétiens, Reto Nause, ces menaces sont en relation avec l'UDC. Et de pointer du doigt le conseiller national Christoph Mörgeli dont certains propos ont fait de Mme Meier-Schatz «une femme à abattre».

SDA/ATS

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