Votations: l'initiative sur l’élevage intensif et ses enjeux

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Votations du 25 septembreTout savoir sur l’initiative qui veut bannir l’élevage intensif

Une initiative populaire propose d’interdire l’élevage industriel visant l’efficacité maximale des animaux de rente, au détriment de leur bien-être. «20 minutes» vous explique les enjeux de cette votation, soumise au peuple.

par
Lauren von Beust
L’initiative contre l’élevage intensif des votations du 25 septembre propose d’appliquer les normes de Bio Suisse tant à la production indigène qu’aux produits importés.

L’initiative contre l’élevage intensif des votations du 25 septembre propose d’appliquer les normes de Bio Suisse tant à la production indigène qu’aux produits importés.

TDG

Lancée par des associations antispécistes ou défendant le bien-être animal, une initiative populaire veut interdire l’élevage intensif en Suisse. Celui-ci est défini comme un élevage industriel qui vise l’efficacité maximale, au détriment des bêtes. Les partisans du changement notent qu’en 2021, plus de 80 millions d’entre elles ont été engraissées avant d’être abattues, soit presque 50% de plus qu’il y a 20 ans.

Résoudre les enjeux climatiques

Pour changer la donne, ils demandent que soient appliquées les normes de Bio Suisse tant à la production indigène qu’aux produits importés. Cela forcerait les exploitations à disposer de davantage de place pour les animaux de rente, de leur assurer des soins respectueux et des méthodes d’abattage sans souffrance.

Les initiants considèrent que lutter contre l’élevage intensif, c’est contribuer à résoudre les enjeux climatiques, notamment ceux liés à la surfertilisation des sols et à la qualité des eaux. Les Verts et des associations écologistes ou pour la défense animale sont convaincus par le texte.

Nombre maximal d’animaux autorisés.

Nombre maximal d’animaux autorisés.

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Augmentation du prix des produits d’origine animale

Du côté des opposants, composés de personnalités politiques de droite ou d’organisations paysannes et économiques, on estime qu’en forçant l’élevage à se conformer à de telles exigences, les prix de la viande et du fromage, par exemple, augmenteraient de 20 à 40% et que les Suisses se verraient privés de leur liberté de choix. Sans compter qu’un contrôle des importations serait très laborieux.

Quelque 3300 exploitations seraient contraintes de réduire leurs effectifs d’animaux ou d’augmenter leurs surfaces. D’après des calculs effectués sur mandat de la Confédération, si l’initiative était acceptée, les coûts supplémentaires de l’élevage seraient de l’ordre de 0,4 à 1,1 milliard de francs par an.

Pour les opposants au texte, la Suisse a déjà des exigences minimales bien plus élevées qu’à l’étranger, et il n’est pas nécessaire de les renforcer encore. Le Conseil fédéral et la majorité du Parlement recommandent aussi de rejeter l’initiative.

Intentions de vote

Selon le deuxième sondage «20 minutes/Tamedia», dont les résultats ont été publiés le 31 août, l’initiative contre l’élevage intensif serait rejetée à 49% de non et 48% de oui. Lors du premier sondage, elle était encore donnée gagnante, avec 55% de oui et 43% de non. Les Verts, les socialistes et les Vert’libéraux la soutiennent, avec respectivement 84%, 73% et 67% de oui. Par contre, au Centre, au PLR et à l’UDC, on la refuse, avec 65%, 67% et 72% de non. À noter que le rejet est plus marqué dans les régions rurales, et le soutien plus fort dans les régions urbaines.

Tout savoir sur la votation du 25 septembre

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