Etats-Unis/Marée noire: Toutes les idées, même farfelues, sont bienvenues

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Etats-Unis/Marée noireToutes les idées, même farfelues, sont bienvenues

BP et les autorités américaines étaient désespérément en quête lundi de solutions pour stopper l'hémorragie de brut dans le golfe du Mexique.

Ils n'excluaient plus certaines méthodes farfelues après l'échec de la pose d'un vaste «couvercle».

BP, exploitant de la plateforme dont le naufrage le 22 avril a provoqué la catastrophe et qui en a accepté la responsabilité, craint désormais de devoir assumer un désastre écologique encore plus important que prévu si tous ses efforts pour stopper l'écoulement de brut échouent.

Le groupe britannique a annoncé lundi que la marée noire lui avait déjà coûté 350 millions de dollars. La somme, qui va certainement enfler devant les tribunaux où une série de plaintes ont été déposées par des pêcheurs et des commerces locaux, pourrait s'évaluer au final en milliards.

BP avait placé tous ses espoirs dans la pose d'une sorte d'entonnoir d'acier de douze mètres de haut et une centaine de tonnes, afin de récupérer le pétrole qui se répand au rythme de 800.000 litres par jour au fond du golfe, à 80 km des côtes de Louisiane (sud des Etats-Unis).

Mais le groupe a été contraint samedi de retirer cette chape en raison de la présence de cristaux similaires à de la glace, qui se sont formés sous l'effet combiné du gaz et de l'eau. Du coup, BP envisage d'autres solutions plus étonnantes et va jusqu'à solliciter les idées de «M. Toulemonde» sur le site deepwater horizonrespeonse.com et via un numéro vert.

L'amiral Thad Allen, responsable des garde-côtes, a ainsi annoncé que BP prévoyait de prendre «un tas de débris, des morceaux de pneus, des balles de golf et d'autres choses du même genre et de les injecter sous très haute pression (...) pour voir s'ils peuvent stopper la fuite».

Un dôme plus petit ?

Doug Suttles, directeur d'exploitation de BP, a évoqué la pose d'un dôme de plus petite taille que le «couvercle», qui serait moins susceptible de voir se former des cristaux, ou encore la mise en place d'une valve sur le conduit percé.

BP a aussi entrepris de créer un puits de secours pour boucher définitivement le puits principal mais les forages vont prendre près de trois mois. Et le groupe utilise aussi des dispersants pour protéger la faune et la flore des Etats concernés.

Le responsable a souligné qu'il y avait «de nombreuses méthodes disponibles» pour endiguer la fuite, mais que le problème était «qu'aucune n'avait été expérimentée à 1500 mètres de profondeur».

Mais ces solutions expérimentales pourraient aussi se révéler dramatiques, des experts ayant mis en garde contre la possibilité d'endommager la structure à la sortie du puits, ce qui risquerait de multiplier la fuite par douze.

BP n'est pas le seul à recourir à des méthodes inédites face à la catastrophe. L'association www.matteroftrust.org a ainsi eu l'idée de récupérer des cheveux aux quatre coins des Etats-Unis pour remplir des bas qui seront utilisés comme éponges à pétrole.

(ats/afp)

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