Genève: Toutous et matous iront à vélo chez leur vétérinaire

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GenèveToutous et matous iront à vélo chez leur vétérinaire

Soutenu par la Ville, un cabinet crée un service de mobilité douce pour animaux. Objectif: chercher à domicile les compagnons à poils de ceux, comme les aînés, qui peinent à se déplacer.

par
David Ramseyer
«Pepper» et le Dr. Vincenzo La Naia sont de sortie.

«Pepper» et le Dr. Vincenzo La Naia sont de sortie.

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«Pepper» s’est installé dans sa cage, un peu interloqué de voir son vétérinaire derrière lui, cheveux au vent, en train de pédaler au lieu de l’ausculter. Cet adorable bulldog français a testé TaxiBestial, l’un des lauréats 2019 du programme G’innove de la Ville de Genève. Ce service – payant – de mobilité douce pour transporter chiens et chats sera proposé dès lundi prochain. L’idée du Dr Vincenzo La Naia est simple: «Régulièrement, des seniors ou des personnes handicapées m’ont parlé de leur difficulté à se déplacer et à amener à mon cabinet leur animal domestique. Je me suis dit: OK, allons le chercher nous-mêmes et ramenons-le ensuite chez leur maître».

Pas pour des urgences

Le vélo-cargo dûment aménagé, ventilé et sécurisé n’accueillera cependant pas n’importe qui. Durant ce test d’un an, il sera réservé aux toutous et aux matous. Avec d’autres animaux tels que des oiseaux, «ce ne serait pas possible pour des raisons de sécurité et de bien-être des bêtes». Par ailleurs, ce service reconnu par le vétérinaire cantonal n’est pas pensé pour des urgences. «Je suis établi au centre-ville et nous nous déplacerons au-delà de la ceinture urbaine, cela peut donc prendre un certain temps à vélo…» Le Dr La Naia collaborera avec la société TaxiBike. Elle fournira les conducteurs, formés pour vérifier si le passager à poils supporte bien le stress du voyage.

Unique au bout du lac, ce service diversement apprécié par d’autres vétérinaires (cf. encadré ci-dessous) ne sera pas gratis. Il faudra débourser au minimum 30 francs pour un aller simple, et plus selon le trajet. Ce qui n’en fait pas un produit forcément meilleur marché que les visites à domicile d’autres praticiens. Vincenzo La Naia assure cependant qu’il ne touchera qu’un cinquième du prix, qui servira surtout à rémunérer les pilotes du vélo-cargo. «Ma démarche est aussi militante. Je veux en faire un projet à visée sociale, pour l’économie de proximité en travaillant avec une entreprise locale, et en faveur de l’environnement.»

Des applaudissements et des grimaces

Tant la Société genevoise des vétérinaires que son pendant vaudois avouent que dans leur secteur d’activité, ce projet de mobilité douce pour le transport d’animaux est une première, à leur connaissance. Présidente de l’association du bout du lac, la Dr. Doris Hugi trouve l’idée «très bonne. Les animaux seront peut-être moins anxieux que dans un taxi; mais cela dépendra sans doute des cas». Secrétaire de la Société vaudoise, la Dr. Kristin Bossaert est moins enthousiaste: «J’émets des réserves. Les animaux qui ne sont pas coutumiers de ce type de transport pourraient être stressés. Il faudrait les habituer progressivement aux vélos-cargos.»

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