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Toxicos dans un quartier chic

Le «Bus itinérant prévention sida» s'est installé au milieu des banques et des bijouteries. Une initiative qui n'est pas du goût de tous.

C'est surtout du côté des immeubles locatifs que ça râle «J'en peux plus. J'ai toujours des toxicos qui se piquent dans l'allée, et je retrouve souvent des seringues usagées, se lamente le concierge d'un immeuble voisin. Mais, depuis peu, ça va mieux, car j'ai pris les choses en main.»

«Nous avons eu quelques plaintes d'habitants ou de concierges qui retrouvaient des seringues dans leurs allées, confirme Jean-Luc Mühlebach, coordinateur du bus. Nous avons donc placé des panneaux d'information dans les allées. ça commence à porter ses fruits.»

Le lieu aurait pu également déranger les voisins banquiers et bijoutiers. Il n'en est rien: «ça ne nous dérange pas du tout, car nous n'avons pas les mêmes horaires. Ils ouvrent quand on ferme le magasin et, le matin, la place est toujours propre, explique André Glad, directeur de Franck Muller. Même son de cloche du côté d'une autre bijouterie de luxe: «On ne les voit jamais, raconte Florence Beroujon, directrice de Charriol International. Je n'ai jamais eu de plaintes de la part de mes clients.»

Cinq mois plus tard, le bilan du «Bus itinérant prévention sida» est plutôt positif: «La fréquentation du lieu a augmenté. Nous sommes passés de 50 passages par soir à la gare à 70 ici, se réjouit Jean-Luc Mühlebach; 18% sont des non-consommateurs de drogues qui s'informent sur le sida et la prévention.»

Sabrine Gilliéron

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