Actualisé 30.03.2011 à 18:07

Catastrophes au JaponTraces de radioactivité à Genève

Pour la première fois depuis l'accident nucléaire au Japon, des traces de radioactivité ont été mesurées près du sol en Suisse, à Genève et à Klingnau (AG).

Les valeurs demeurent néanmoins minimes et sont sans danger, selon l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Les Forces aériennes ont procédé à de nouveaux contrôles de l'air, a annoncé mercredi le chef de la Division radioprotection de l'OFSP Werner Zeller. A Genève, on a mesuré 160 microbecquerel/m3 et à Klingnau, 80 microbecquerel/m3. Des traces d'iode 131 et de césium 134 et 137 ont été constatées.

A une altitude plus élevée, entre 5000 et 8000 mètres, les mesures font état de 230 microbecquerel/m3. «C'est minime, puisque cela correspond à 10'000 fois moins que la limite autorisée», a déclaré M. Zeller devant la presse.

Les valeurs enregistrées au nord de l'Europe sont légèrement plus élevées, avec par exemple 800 microbecquerel/m3 en Suède. Ces doses ne sont pas inquiétantes pour la santé, a-t-il insisté.

Contrôles renforcés

La Suisse a également renforcé ses contrôles de denrées alimentaires provenant du Japon par voie aérienne. Pour la première fois, un envoi d'algues nippones a été intercepté mardi à la frontière. Des tests sont en cours, mais le résultat n'est pas encore connu, a précisé Michael Beer, chef de la Division sécurité alimentaire à l'OFSP.

Le renforcement des contrôles aux aéroports a maintenant commencé, par le biais de prélèvements sur les denrées importées. Ces échantillons sont testés dans des laboratoires spécialisés.

Les premiers résultats sont attendus dans les jours qui viennent et seront rendus publics, assure l'OFSP. Ce dernier prendra immédiatement des mesures en cas de dépassement des valeurs limites.

Certificats pour produits japonais

Dès jeudi, deux ordonnances de l'OFSP et de l'Office vétérinaire fédéral entreront vigueur: les denrées japonaises devront désormais être accompagnées d'un certificat assurant qu'elles ne sont pas irradiées pour pouvoir être importées en Suisse. Le document devra être établi sur la base de tests menés au Japon, a expliqué à l'ATS la porte-parole de l'OFSP Sabina Helfer.

En adoptant ce règlement, la Suisse s'aligne sur une directive européenne en vigueur depuis dimanche dernier. En revanche, une interdiction totale d'importation n'est pas envisagée par Berne, bien qu'une telle mesure ait été prise par certains pays.

Harmonisation des taux

Contrairement à l'Union européenne, qui a rehaussé les valeurs limites pour la radioactivité présente dans les denrées alimentaires, la Suisse ne modifie pas ses taux. Les nouvelles valeurs limites décidées par l'UE sont équivalentes à celles en vigueur en Suisse depuis plusieurs années.

La dose maximale de césium 134 et 137 est ainsi fixée à 1250 becquerels pour la plupart des aliments, a précisé Sabina Helfer. Pour les produits laitiers, la limite est plus basse, à 1000 becquerels.

Pas «d'état d'urgence nucléaire»

La modification des valeurs limites dans l'UE s'est faite samedi suite à la proclamation par la Commission européenne de «l'état d'urgence nucléaire», en réaction aux incidents au Japon. En Suisse, un tel état d'urgence n'a pas été décrété, explique Sabina Helfer.

Dans l'UE, des valeurs limites plus basses étaient en vigueur depuis la levée de l'état d'urgence nucléaire relatif à la catastrophe de Tchernobyl. Les denrées alimentaires ne devaient pas contenir plus de 600 becquerels et les produits laitiers pas plus de 370. L'UE reviendra à ces niveaux si la situation s'améliore au Japon. (ats)

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