Actualisé 29.03.2011 à 11:47

Crise nucléaire au Japon

Traces radioactives dans les pays voisins

Des traces radioactives provenant de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima au Japon ont été détectées dans plusieurs pays d'Asie.

De faibles traces radioactives provenant de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima au Japon ont été détectées dans plusieurs pays d'Asie, dont les autorités prennent soin de préciser que les quantités trouvées sont sans danger pour la population.

Les autorités chinoises, sud-coréennes et philippines ont ainsi détecté des substances radioactives.

«Nous avons détecté des isotopes, mais nous demandons à la population de ne pas paniquer», a déclaré mardi à l'AFP Tina Cerbolis, porte-parole pour l'Institut de recherche nucléaire des Philippines. «Ce sont des quantités minuscules dans l'air», a-t-elle ajouté.

L'institut a publié mardi un rapport disant que la contamination provenait de la centrale de Fukishima, accidentée depuis le séisme et le tsunami du 11 mars.

«La surveillance du niveau de la radioactivité à travers le monde, y compris aux Philippines, a détecté de très faibles quantités d'isotopes radioactifs, qui semblent venir de la centrale nucléaire de Fukushima et qui ne posent aucun danger à la santé de la population», ont indiqué les autorités philippines du nucléaire.

En Chine et en Corée également

Le gouvernement chinois a lui aussi annoncé mardi avoir trouvé à nouveau de très faibles quantités d'iode 131 radioactif dans l'atmosphère, dans les provinces côtières du quart sud-est du pays, de Shanghai (est) jusqu'au Guangxi (sud), ainsi que dans l'Anhui, située à l'intérieur des terres.

Des niveaux également très faibles de contamination de l'air avaient été relevés durant le week-end dans le Heilongjiang (nord-est).

Des traces d'iode radioactif ont aussi été détectées à sept endroits de Corée du Sud, dont la capitale Séoul. Là aussi, les autorités se voulaient rassurantes.

«Je peux vous assurer que ces quantités n'auront strictement aucun impact sur la vie des citoyens ordinaires de Corée du Sud», a déclaré à la presse Yun Choul-Ho, le directeur de l'Institut coréen pour la sécurité nucléaire.

Interdiction d'importation

Plusieurs pays de la région ont également interdit l'importation de certaines denrées provenant des préfectures voisines de la centrale, notamment le lait et les légumes.

Et les passagers de vols en provenance du Japon sont examinés dans certains aéroports pour vérifier s'ils ne sont pas contaminés.

Deux Japonais ont été brièvement hospitalisés après leur arrivée mercredi dernier en Chine sur un vol commercial en provenance de Tokyo parce qu'ils présentaient des taux élevés de radioactivité.

Des employés japonais irradiés

(afp)

Fukushima ébranle la confiance des Finlandais

Près de la moitié de la population de la Finlande, où un réacteur nucléaire de nouvelle génération est en construction, avoue que l'accident survenu à la centrale japonaise de Fukushima a ébranlé sa confiance dans l'énergie atomique, selon un sondage publié mardi.

Le soutien des Finlandais à la construction de nouveaux réacteurs a reculé de cinq points de pourcentage à 48% par rapport à mars 2010, selon le sondage Gallup publié par le quotidien Helsingin Sanomat.

En outre, 45% des personnes interrogées ont indiqué que leur confiance dans l'énergie nucléaire «s'était affaiblie en raison des événements au Japon», souligne le Helsingin Sanomat.

Néanmoins, l'enquête Gallup montre que 85% des sondés considèrent les réacteurs nucléaires de la Finlande comme parfaitement sûrs.

Le pays exploite quatre réacteurs nucléaires répartis sur deux sites. Un cinquième réacteur, de troisième génération (EPR), est en train d'être construit par le français Areva à la centrale TVO d'Olkiluoto (ouest).

Tepco sous le feu des critiques

La compagnie d'électricité Tepco, propriétaire exploitante de la centrale endommagée de Fukushima, est critiquée pour sa communication de crise brouillonne. «Tepco a déclaré que cet accident allait au-delà de qu'ils pouvaient imaginer, mais c'est à cela que sert la communication de crise», a estimé Tomohiro Takanashi, président de la Société japonaise de gestion de crise et des risques. «Ils sont supposés être préparés pour l'imprévisible».

Tokyo Electric Power (Tepco) a été sévèrement tancée par le gouvernement après l'irradiation de plusieurs ouvriers et la publication de chiffres erronés sur le niveau de radioactivité à la centrale, alors que son PDG est invisible depuis le début de la crise.

Dimanche, Tepco avait annoncé qu'un niveau de radioactivité 10 millions de fois plus élevé que la normale avait été mesuré dans de l'eau écoulée dans la salle des machines du réacteur 2, avant de reconnaître qu'il s'était trompé. Ce chiffre alarmiste avait été repris en boucle par les médias japonais et du monde entier dans l'intervalle.

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