Genève - Trafic d’anguilles: trois Chinois condamnés
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GenèveTrafic d’anguilles: trois Chinois condamnés

Trois individus avaient comparu en juin pour avoir pris part à un trafic illégal de civelles.

par
Léonard Boissonnas
Les alevins d’anguilles étaient transportés en voiture depuis le Portugal. (image d’illustration)

Les alevins d’anguilles étaient transportés en voiture depuis le Portugal. (image d’illustration)

AFP

Les trois ressortissants chinois, jugés en juin pour leur participation à un trafic d’anguilles entre l’Europe et l’Asie, ont été condamnés à des peines avec sursis et à des amendes. Deux d’entre eux ont en outre écopé d’une expulsion. Pour rappel, lors d’un contrôle effectué à l'aéroport de Genève en janvier 2019, des gardes-frontière avaient découvert environ 133’000 civelles, des alevins d’anguilles européennes, dans six valises.

Les investigations de l’Administration fédérale des douanes (AFD) avaient permis de remonter à deux séries de transports, effectuées de février à mai 2018 et de décembre 2018 à janvier 2019. L’accusation avait retenu au total le transport de près de 1,2 million de spécimens dans une cinquantaine de valises, depuis le Portugal jusqu’à Genève. Les poissons étaient ensuite remis à des transporteurs à destination de la Chine ou du Vietnam. Les anguilles n’étaient ni déclarées, ni autorisées ni conditionnées de manière conforme, reprochait l’AFD.

Espèce protégée

Pour ces faits, un gérant de restaurant âgé de 48 ans, un cuisinier de 45 ans et un aide-cuisinier de 31 ans devaient répondre d’infraction ou de complicité d’infraction à la loi fédérale sur la circulation des espèces de faune et de flore protégées (LCITES), entre autres. Au procès, seuls les deux premiers accusés étaient présents. Ils ont reconnu la plupart des faits reprochés, soulignant qu’ils ignoraient que les anguilles étaient une espèce protégée et que leur activité était illégale.

Le restaurateur, reconnu coupable de délit à la LCITES, de contravention à la loi fédérale sur la protection des animaux et de soustraction douanière, a écopé d’une peine privative de liberté de 18 mois avec sursis, ainsi que d’une amende de 11’000 francs. Le tribunal a renoncé à prononcer son expulsion, en raison de sa situation familiale et professionnelle, l’homme étant père de cinq enfants, qui se trouvent tous en Suisse. Un verdict qui satisfait son avocat, Me Dimitri Tzortzis: «Mon client avait reconnu les faits, réagit l’homme de loi. L’enjeu important était son éventuelle expulsion de Suisse et fort heureusement, le tribunal a reconnu que mon client avait un intérêt prépondérant à rester en Suisse vu sa vie privée et professionnelle. Il persiste à regretter les faits commis.»

Expulsés pour 3 ans

Son coaccusé, le cuisinier de 45 ans, a été reconnu coupable d’infraction à la LCITES, et a été condamné à 11 mois avec sursis et à une amende de 6000 francs. Le tribunal a prononcé son expulsion pour 3 ans. Le troisième accusé, lui aussi expulsé pour 3 ans, a été reconnu coupable de complicité de délit à la LCITES et de complicité de contravention à la loi fédérale sur la protection des animaux. Il a été acquitté d’une partie des faits reprochés, ceux qui avaient été commis en 2019, à savoir infraction à la LCITES et complicité de soustraction douanière et soustraction d’impôts. Il a écopé de 6 mois de peine privative avec sursis et d’une amende de 2000 francs.

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