Genève Trafic peu perturbé par la manif des taxis en ville
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GenèveLes taxis hurlent leur colère contre le Canton et Uber 

Pour dénoncer l’accord qui permet à Uber d’exercer à nouveau, près de 200 chauffeurs de taxis ont manifesté. Ce que regrette la conseillère d’Etat, Fabienne Fischer.

Des dizaines de taxis ont défilé en ville, jeudi 23 juin 2022, entre la place de Neuve et Rive.

lch/20minutes

Sous les fenêtres du Département de l’économie et de l’emploi (DEE), ils étaient plus de 200 chauffeurs à scander «Fischer, descends!», jeudi après-midi. «On veut l'intervention immédiate de la conseillère d’Etat Fabienne Fischer» explique Mohammed Gharbi, vice-président de Milieu professionnel, qui réunit cinq associations du métier. Ils exigeaient l’arrêt d’Uber tant que le géant américain ne paie pas directement les charges sociales de ses employés. En bref, l’accord trouvé récemment avec le Canton, où une entreprise sous-traite la question des charges sociales, ne convient pas. 

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Les protestataires, devant les bureaux du Département cantonal de l’économie.

Les protestataires, devant les bureaux du Département cantonal de l’économie.

lecteur reporter/20min
Un convoi de taxis furieux a circulé entre la place de Neuve et le rond-point de Rive, jeudi 23 juin 2022.

Un convoi de taxis furieux a circulé entre la place de Neuve et le rond-point de Rive, jeudi 23 juin 2022.

lch
Les chauffeurs ont dénoncé l’accord conclu entre le Canton et Uber, après un jugement du Tribunal fédéral contre la société californienne. 

Les chauffeurs ont dénoncé l’accord conclu entre le Canton et Uber, après un jugement du Tribunal fédéral contre la société californienne. 

lch

Le 3 juin dernier, le Tribunal fédéral donnait raison à l’Etat de Genève. Les chauffeurs étaient désormais considérés comme des employés. Dès lors, Uber a dû interrompre son activité le temps de se mettre en conformité avec les règles. Après un accord conclu une semaine plus tard avec le gouvernement genevois, l’entreprise américaine avait été autorisée à relancer la machine. 

Ils crient à l’injustice

«On est trahis» considère Valentin. Les protestataires sont fâché par la gestion «incohérente» du dossier par l’Etat genevois. Un collègue fustige «un accord est trouvé en deux secondes avec un géant américain, ce n’est pas normal». «On suit des cours pour avoir une licence et eux ils peuvent continuer à transporter des clients à moitié prix, déplore un homme, 12 ans de taxi au compteur. Alors au moins que ce soit fait dans les règles». Devant la foule réunie sous les fenêtres du DEE,  Mohammed Gharbi avertit: «On ne discutera pas tant que l’application d’Uber fonctionne ici». D’une seule voix, les chauffeurs crient «oui!». «On continuera à manifester jusqu’à ce que ça change», assure Sophie Massarotto, présidente de L'Association des taxis de service public (ATSP) .

Le Conseil d’Etat déplore

Une délégation de représentants des associations a rencontré Fabienne Fischer ce jeudi à 17h. «Une séance d’information, indique la conseillère d’Etat. Je leur ai rappelé que l’administration cantonale n’a pas pour compétence d’interdire d’emblée les économies de plateforme. Je leur ai aussi rappelé que j’appréciais que tout dialogue intervienne dans un esprit de respect des compétences et des personnes. Les actions des taxis de ces derniers jours contreviennent à ce principe.»

La manifestation en deux temps – un cortège en voiture et un défilé à pied – n’a pas occasionné de perturbations du trafic automobile et des transports publics, a informé la police.  

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(dra/lch)

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