Mondiaux: Trahis par une bonne alliée

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MondiauxTrahis par une bonne alliée

Les Suisses n'ont pas pu mener Cancellara au titre aux Mondiaux de Florence. Rui Costa l'a emporté.

par
Oliver Dufour
Florence
Les conditions extrêmes en début de journée ont coûté cher aux coureurs helvétiques.

Les conditions extrêmes en début de journée ont coûté cher aux coureurs helvétiques.

Luca Guercilena doit se croire maudit à la tête de la sélection helvétique. Aux Jeux de Londres, l'Italien avait mis au point la course parfaite. Mais le plan avait échoué à 15 km de l'arrivée avec la chute mortifiante de Fabian Cancellara. Hier, la tactique a encore avorté trop tôt. La perte de Michael Albasini, Martin Elmiger, Mathias Frank et Oliver Zaugg, bien avant l'explication finale, a tout chamboulé.

«Notre manœuvre a été détruite par la grosse chute qui a emporté Albasini, Zaugg et Elmiger à 150 km de l'arrivée, a soupiré Guercilena. Ils de­vaient être dans le final. Nous ne pouvions alors plus qu'attendre, livrés à notre sort.» Le Lombard avait anticipé l'attaque des grimpeurs dans la dernière montée. «On voulait deux gars avec Fabian pour dicter le tempo et le ramener ensuite avant d'attaquer à notre tour dans la descente.»

La pluie a transformé les routes toscanes en patinoire, semant le chaos. Seuls 61 coureurs sur 208 ont bouclé les 272 km. «Au lieu d'être une alliée pour nous, la météo a provoqué notre perte», a pesté Guercilena. Ce n'est pas Cancellara qui le contredira, lui qui a dû changer de vélo, le cadre du sien étant gorgé d'eau.

Le coach s'est tout de même consolé avec le fait que d'autres favoris, comme Peter Sagan et Philippe Gilbert, ont terminé en même temps que «Spartacus». «Une sélection naturelle s'est opérée au niveau des gabarits, a-t-il plaidé. C'est dur pour des gars de plus de 80 kg de rivaliser à cet endroit avec des gars de 60 kg.»

Rui Costa n'a pas lâché le morceau

Le Portugais a offert un 1er titre mondial à son pays. Rui Costa était parti rattraper Joaquim Rodriguez, lui-même d'abord échappé avec Vincenzo Nibali dans l'ultime ascension du Fiesole, à 10 km de l'arrivée. Revenu sur le fuyard avec l'Italien et Alejandro Valverde, le Lusitanien a encore vu «Purito» Rodriguez s'envoler. Mais le double tenant du Tour de Suisse a trouvé la force de revenir encore à la flamme rouge, puis de coiffer l'Espagnol sur la ligne. «Je ne réalise pas encore, c'est comme gagner à la loterie, s'est extasié le nouveau champion. Je vais faire tout mon possible pour faire honneur à ce maillot arc-en-ciel». Rodriguez s'est montré bon perdant. «J'ai essayé de le rendre nerveux. Je voulais qu'il passe devant moi. Mais c'était impossible!».

L'invité: Fabian Cancellara, 10e de la course

«Content d’avoir rallié l’arrivée sans mal»

J’ai tout essayé. Je ne peux pas dire qu’il y ait un moment où j’ai commis une erreur. J’étais toujours là où je devais être. A la fin, ceux qui sont devant me rendent tous quelques kilos. Le parcours était-il finalement trop dur? Difficile à dire, à chaud. Bien sûr, je manque mon objectif, je n’ai pas de médaille, mais je peux être satisfait d’avoir tout donné. Je suis aussi content d’avoir rallié l’arrivée sans mal. Ce n’est pas une petite victoire sur un tracé aussi glissant. J’ai plusieurs fois dérapé au freinage avec la roue avant. On a perdu trois coureurs, qui auraient certainement fait du bien au bout, mais ça n’a rien changé au déroulement de la course.

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