Actualisé 01.03.2009 à 21:06

santéTraitement de faveur pour des privilégiés de l'hôpital

Des politiciens et des dirigeants des HUG peuvent être admis en privé au tarif de base. Un privilège que peut accorder le directeur.

de
Giancarlo Mariani

«J'ai la compétence d'admettre en privé des patients assurés et facturés en chambre commune», a reconnu Bernard Gruson, directeur général des Hôpitaux universitaires (HUG). «Si les conditions d'accueil le permettent, j'accorde cette dérogation une à deux fois par mois», assure-t-il. Mais qui en bénéficie? «Les conseillers d'Etat en activité ou à la retraite, les membres du conseil d'administration, ceux du personnel et leur famille», clarifie-t-il aussitôt. Il brandit un règlement sur l'admission des malades pour justifier cette compétence. «Ces dérogations ne sont pas liées au statut social. J'en ai accordé aussi à des nettoyeurs», précise-t-il.

«Je n'ai jamais joui de ce privilège», s'étonne un employé du personnel

soignant souvent hospitalisé. «Ce qui arrive plutôt est que des patients assurés en privé finissent en chambre commune par manque de place», dénonce-t-il.

«Je n'ai pas voté cette mesure. J'en ai bénéficié sans rien demander», plaide de son côté un ancien conseiller d'Etat surclassé plusieurs fois. «Je reconnais que nul ne devrait avoir de traitement de faveur», concède-t-il. «On m'a proposé de passer en privé. Je n'ai rien demandé non plus», bredouille une ex-membre du conseil d'administration (CA). «J'ai trouvé ce geste respectueux et normal dans un moment délicat de ma vie», argumente-t-elle.

«Ce privilège ne me sert à rien, je suis déjà assuré en privé», ironise de son côté Eric Stauffer, membre du CA des HUG. «Ce qui me choque est que ces pauvres conseillers d'Etat à la retraite n'aient pas de quoi se payer une assurance privée.»

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