Genève: Trams et bus reprennent leur service
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GenèveTrams et bus reprennent leur service

Les grévistes des TPG vont comme prévu stopper leur mouvement. Mais ils ont fixé un ultimatum au 28 novembre au conseiller d'Etat Luc Barthassat.

par
Jérôme Faas

Les grévistes des TPG s'apprêtent à reprendre le travail… au moins jusqu'au 28 novembre. Ce mercredi soir, réunis en assemblée générale dans les dépôts du Bachet et de la Jonction, ils ont décidé, comme initialement prévu, de cesser leur mouvement à 3h du matin. Mais ils ont adressé un ultimatum au conseiller d'Etat Luc Barthassat: ils le somment de négocier avec le syndicat SEV, d'ici à la fin du mois, un nouveau contrat de prestations. Ce dernier devra englober, d'après la résolution votée, «le développement du réseau, des conditions de travail de qualité pour les employés et le maintien des acquis des retraités». Le retrait de l'actuel document prévoyant «la disparition de 131 emplois, dont 63 licenciements», est bien sûr prérequis par les frondeurs. Le syndicat «exige» par ailleurs «qu'aucune sanction ne soit prise à l'encontre des grévistes».

Le président du SEV: «Nous avons donné une leçon»

Les leaders du mouvement préfèrent donc capitaliser sur une victoire d'étape, plutôt que risquer l'essoufflement. «Nous avons fait un travail exemplaire, c'est une leçon que nous avons donnée aux autres syndicats, c'est de cela qu'a peur le Conseil d'Etat, a jugé Vincent Leggiero, le président du SEV-TPG. Je sais que parmi vous, aujourd'hui, il y a de l'euphorie, de l'allégresse, la volonté de continuer. Mais d'ici au 4 décembre (ndlr: date du vote du Parlement sur le contrat de prestations contesté), nous avons des tâches à mener. Cela demande une certaine rigueur. Continuer serait hasardeux, nous ne sommes pas prêts. Et d'ici au 2 ou 3 décembre, le comité appellera à une action plus importante qu'aujourd'hui. Si rien ne s'est passé d'ici-là, nous aurons le droit de dire: ils ne nous ont pas écoutés, on repart.»

Stauffer: «Les TPG n'auront pas un franc de plus»

Les employés des TPG disposent donc d'exactement deux semaines pour inverser une tendance qui leur était défavorable avant leur grève. Les discours des députés - dont la Commission des transports a adopté le contrat de prestations querellé au début du mois – n'ont pas varié en cours de journée.

La gauche combat avec virulence un document qu'elle juge «revanchard et mesquin»: selon elle, en approuvant en mai dans les urnes la baisse des tarifs des TPG, jamais les Genevois n'ont souhaité une baisse des prestations. La droite ne varie pas plus. Le député PLR Daniel Zaugg juge ainsi que ce mouvement «scandaleux et sans objet va contribuer à durcir ma position. Il restait un espace de négociation, il a disparu. Moi, je n'accepte pas la menace. Ils font grève sur d'hypothétiques licenciements à fin 2015!»

Le MCG arbitrera donc le vote du Parlement. Et il penche à droite. «Les TPG n'auront pas un franc de plus», jure un Eric Stauffer, qui se déclare pourtant opposé à tout licenciement. «Qu'ils économisent autrement!»

«Impossible d'assurer un service minimum»

«Dans les conditions actuelles, avec un droit de grève illimité et un contrat de prestations qui impose un service minimum, il y a un gap. On a fait tout notre possible, mais assurer ce service minimum était impossible», réagit Christoph Stucki, directeur par intérim des TPG, aux critiques à peine masquées du Conseil d'Etat.

L'homme explique avoir rencontré conseillers d'Etat et députés ce mercredi après-midi. «Nous avons surtout insisté sur les diminutions de postes. Le contrat prévoit d'en supprimer 130. Si ce chiffre n'est pas atteint, comment rentrer dans le cadre financier imposé?»

Christoph Stucki estime cependant que même si le contrat de prestations contesté par les grévistes était voté par le Parlement, il disposerait d'une marge de manoeuvre avant d'être contraint de licencier. «On se base sur une baisse des recettes, mais la situation peut évoluer dans un sens ou dans l'autre. Il y aura des avenants à ce contrat, d'année en année.»

Quant aux punitions réclamées par le conseiller d'Etat Luc Barthassat, il affirme «que l'on sera certainement obligé de sanctionner ceux qui ont déposé leur véhicule devant les portes du dépôt de la Jonction pour empêcher les bus de sortir. Les autres grévistes, eux, perdront simplement leur journée de salaire.»

La déclaration du ministre

A 21h45, le secrétaire général adjoint du conseiller d'Etat a envoyé par courriel une déclaration du conseiller d'Etat chargé des transports, Luc Barthassat. Il y rend hommage à la population «qui a su s'adapter à une grave défaillance d'un pilier essentiel du service public». Il rappelle que «les mesures contestées par les grévistes doivent être tranchées par les représentants du peuple, les élus du Grand Conseil, les 4 et 5 décembre» et explique «attendre de prendre connaissance de la résolution du SEV». Avant d'assurer qu'il «continuera à se battre pour qu'il n'y ait aucun licenciement au sein des TPG».

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