Lausanne: Traumatisée à vie après la terrible épreuve du hold-up
Actualisé

LausanneTraumatisée à vie après la terrible épreuve du hold-up

L'employée visée lors du braquage d'une poste en 2012 peine à remonter la pente. L'un des auteurs et un complice sont jugés depuis lundi.

par
Francesco Brienza

Plus de trois ans ont passé. Pourtant, Martha* était à peine capable de bredouiller, lundi au tribunal. Victime d'un violent braquage en 2012, cette ancienne employée du bureau de poste de Vers-chez-les-Blanc faisait face à l'un de ses bourreaux pour la première fois depuis le hold-up. Etranglée par la peur et par l'émotion, elle n'a pas pu répondre au juge qui souhaitait l'interroger durant le procès. «Ma cliente souffre de stress post-traumatique depuis les faits, précise son avocate Me Aline Bonard. Elle a développé une leucémie dont les médecins n'excluent pas qu'elle ait un lien avec l'agression. En 2014, elle a été licenciée et elle attend à présent une rente AI à 50%.»

Retour sur les faits. Le 10 octobre 2012, deux Kosovars sont entrés dans la poste de la localité lausannoise. Très vite, Martha s'est vue pointer une arme chargée sur la tempe. Elle et deux clients présents ont étéligotés, le temps pour le duo de vider les caisses. Montant du butin: 30 000 francs.

Celui qui a ligoté Martha a reconnu les faits, lundi. «Je regrette mon geste, a-t-il dit. Mais j'ai changé, je suis prêt à réparer cette erreur.» Le deuxième braqueur, celui qui tenait l'arme, ne s'est pour sa part pas présenté au tribunal.

De son côté, le complice, présenté lundi comme l'instigateur, nie tout: «J'ai conduit mes amis sur place, mais je ne connaissais pas leur plan.» Les débats se poursuivent mardi. Verdict vendredi.

Un toit après la tuerie

Le principal auteur du braquage est sur le banc des accusés pour une autre affaire. Il est soupçonné d'avoir hébergé chez lui, à La Chaux-de-Fonds (NE), un assassin en cavale à l'automne 2012. Le tueur avait abattu son beau-frère à Chavannes-près-Renens (VD) dans le cadre d'un règlement de compte. «J'ignorais ce qu'il avait fait quand je l'ai accueilli, a juré l'accusé. J'ai juste dépanné cet ami pendant deux jours.» Jusqu'à ce que la police vienne le cueillir.

Ton opinion