Étude: Travail: quand les femmes arrivent, les hommes quittent le navire

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ÉtudeTravail: quand les femmes arrivent, les hommes quittent le navire

Des recherches de l’Université de Zurich montrent que les hommes ont plus tendance à quitter leur travail dès que la proportion de postes occupés par des femmes augmente.

Si les emplois dans les soins étaient plus occupés par des hommes, les attributs stéréotypés de la profession seraient sans doute différents, selon l’étude (image d’illustration).

Si les emplois dans les soins étaient plus occupés par des hommes, les attributs stéréotypés de la profession seraient sans doute différents, selon l’étude (image d’illustration).

20min/Vanessa Lam

Dès qu’une profession se féminise, les hommes ont tendance à prendre la tangente. C’est en tout cas ce que suggère une nouvelle étude de l’Université de Zurich. Les chercheurs se sont penchés sur les professions dans lesquelles un genre est proportionnellement dominant. Dans les soins, les femmes sont plus nombreuses à travailler, dans l’artisanat, c’est le contraire. Jusqu’ici, trois facteurs étaient avancés pour expliquer ces professions fortement marquées par le genre.

Premièrement, les hommes sont avantagés pour accéder à des boulots mieux payés et ne sont donc que peu présents dans les domaines à bas revenus. Deuxièmement, la pression d’aptitudes stéréotypées dans la société (les hommes sont des matheux, les femmes sont plus sensibles) pousse à séparer les genres dans certains domaines. Troisièmement, la répartition des tâches au sein de couples hétéros tend à pousser les femmes à choisir des métiers aux horaires plus flexibles.

Deux fois plus de chances

Mais l’Université de Zurich a fait une autre découverte, car dans certains cas les changements observés ne peuvent pas être expliqués par les critères ci-dessus ni par un changement des conditions de travail ou du métier lui-même.

Une plus grande proportion de femmes dans une profession s’explique aussi parce que les hommes ont tendance à quitter leur travail quand il se féminise, conclut l’étude. Les analyses montrent que les hommes ont deux fois plus de chances de renoncer à une profession qui se féminise alors qu’aucune autre condition du métier en question n’a été modifiée.

Des a priori qui changent

Les recherches montrent aussi que les caractéristiques considérées a priori comme typiquement féminines ou masculines d’une profession peuvent changer en fonction de la prédominance d’un genre dans un domaine. «La profession d’infirmière est plutôt décrite avec des attributs féminins stéréotypés: sociale, empathique, prévenante. Si la plupart des soignants étaient des hommes, nous percevrions peut-être la profession d’une tout autre manière, par exemple comme étant responsable, pragmatique ou physiquement exigeante», explique le professeur Per Block, auteur de l’étude.

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(Comm/jba)

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