Actualisé 11.04.2011 à 18:28

Genève - Trafic routierTraversée du lac: «nouveau projet mais vieille idée»

Le conseil d'Etat relance son serpent de mer préféré. Les écologistes sont «consternés».

von
Raphaël Leroy
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15.09 Le Conseil fédéral ne peut pas s'engager aujourd'hui sur la réalisation et le financement de la traversée autoroutière du lac, a relevé la conseillère fédérale lundi lors de l'heure des questions au National.

15.09 Le Conseil fédéral ne peut pas s'engager aujourd'hui sur la réalisation et le financement de la traversée autoroutière du lac, a relevé la conseillère fédérale lundi lors de l'heure des questions au National.

Keystone/Peter Klaunzer (keystone)
D'ici à 2030, les Genevois pourraient traverser le lac Léman en voiture. Le Conseil d'Etat réfléchit à la question.

D'ici à 2030, les Genevois pourraient traverser le lac Léman en voiture. Le Conseil d'Etat réfléchit à la question.

etat.geneve.ch
La traversée doit permettre d'éliminer le goulet d'étranglement.

La traversée doit permettre d'éliminer le goulet d'étranglement.

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Il ne s'agit que de résultats d'une étude de faisabilité, mais les fronts se tendent déjà. Lundi, le conseiller d'Etat en charge des constructions, Mark Muller, a présenté ce qui est susceptible «de baisser le trafic de 30% au centre-ville et de 12% sur l'autoroute de contournement»: une traversée lacustre d'ici 2030.

Celle-ci serait englobée dans un tracé de 14 km qui va de l'échangeur du Vengeron à la douane de Vallard. «Avec ce parcours, le paysage de la rade est préservé», explique l'ingénieur cantonal René Leutwyler. Un argument important alors que près de 70% des Genevois avaient rejeté une traversée de la rade en 1996.

Pont ou tunnel?

Pour l'heure, la question du tunnel ou du pont n'est pas tout à fait tranchée. «Le tunnel est plus compliqué, plus cher et pose des problèmes environnementaux et de sécurité. C'est pourquoi l'option du pont a notre préférence», indique Mark Muller. Seule certitude: le coût de la réalisation excédera dans les deux cas trois milliards de francs à charge de la Confédération et du canton. «Mais un partenariat public-privé est toujours à l'étude», précise le magistrat.

«Un appel d'air de plus!»

Reste que ce prix fait bondir l'Association Transports et Environnement. «C'est plus du triple que ce qui avait été proposé en 1996», s'exclame son président Thomas Wenger. On nous vend un aspirateur à voitures. Ce n'est pas comme cela que l'on changera les comportements. Ce projet est le symbole d'une politique du passé.»

La balle est maintenant dans le camp du Grand Conseil, mais Berne devra également s'exprimer. «Nous sommes en présence d'un tracé autoroutier. La Confédération aura donc le dernier mot aussi bien politiquement que financièrement», conclue Mark Muller. Une lettre a déjà été envoyée à la conseillère fédérale Doris Leuthard avant qu'une rencontre ne soit agendée.

Le trafic à Genève: les chiffres

Le pont du Mont-Blanc est un des points les plus pollués de Suisse. En 2010, il accueillait plus 72 000 voitures par jour. Sur les principaux axes du centre-ville, ce sont environ 150 000 véhicules qui circulent quotidiennement. L’autoroute de contournement, elle, recense 80 000 automobiles journalières. Selon les autorités, ce chiffre passera à près de 115 000 en 2030. Avec une traversée lacustre, la répartition du trafic passerait à 73 000 voitures sur l’autoroute de contournement et 71 000 sur le lac.

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