Genève: Treize ans avant d'avoir un nouveau Palais de justice
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GenèveTreize ans avant d'avoir un nouveau Palais de justice

Les futurs locaux de la justice, à La Praille, ne seront pas livrés avant 2032. Le Pouvoir judiciaire devra s'adapter.

par
Léonard Boissonnas
L'actuel Palais de justice,au Bourg-de-Four, en Vieille-Ville, sera en travaux pendant quatre ans.

L'actuel Palais de justice,au Bourg-de-Four, en Vieille-Ville, sera en travaux pendant quatre ans.

Keystone/Salvatore di Nolfi

Le projet de nouveau Palais de justice commence à ressembler à un serpent de mer. Espéré pour 2028, puis pour 2030, il ne sera pas disponible avant 2032, comme l'a regretté mardi le procureur général Olivier Jornot, qui faisait le bilan 2018 du Pouvoir judiciaire.

«Le palais est de mieux en mieux, mais de plus en plus lointain», a résumé le magistrat. Le report est notamment dû aux derniers développements du projet, qui prendra place dans le secteur de l'Etoile, au coeur du quartier de Praille-Acacias-Vernets. Face à ce retard, il faudra «adapter notre stratégie immobilière avec des lieux éclatés», a déploré Olivier Jornot. La bonne nouvelle pour la justice est que le futur bâtiment pourra se développer de manière plus large qu'initialement prévu, et non «à l'étroit, entre deux parcelles routières». Il sera situé en bordure d'un parc. Son coût est estimé entre 350 et 390 millions.

Lourds travaux au Bourg-de-Four

L'actuel Palais de justice, en Vieille-Ville, devra donc encore servir. Celui-ci, classé, fera d'ailleurs l'objet de travaux entre 2020 et 2024. Toitures, boiseries et installations techniques seront remplacées lors du chantier, qui aura une «incidence extrême», selon le procureur général: «Il s'agit de vider des sections entières du bâtiment.» En conséquence, 130 personnes déménageront cet été à la rue de l'Athénée. Des salles d'audience seront indisponibles. Il faudra donc en sécuriser d'autres, notamment pour accueillir des détenus. «Ce sera une période difficile, les collaborateurs vont souffrir», a averti le procureur général.

Durée de procédures critiquée

Au civil, la durée des procédures pose question. Une enquête de satisfaction a été menée en 2018 auprès de 10500 justiciables, avocats et avocats stagiaires. Si, 33% des justiciables se sont dits très satisfaits et 45% satisfaits, les avocats ont été plus critiques, notamment avec la durée des procédures: «Il y a de quoi s'interroger et chercher des explications», a réagi Olivier Jornot. Un groupe de travail élabore actuellement un plan d'actions

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