Faillite en Italie: Treize ans de prison requis contre le fondateur de Parmalat
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Faillite en ItalieTreize ans de prison requis contre le fondateur de Parmalat

Le parquet de Milan a requis lundi treize ans de réclusion contre Calisto Tanzi, le fondateur et ex-patron du groupe italien Parmalat. Le krach de l'entreprise alimentaire en 2003 a laissé un trou d'environ quatorze milliards d'euros.

Le procureur Eugenio Fusco a en outre estimé que M. Tanzi - accusé de manipulation des cours de Bourse, de complicité de faux en bilan avec les contrôleurs des comptes et d'entrave aux audits - ne devait pas bénéficier de circonstances atténuantes.

Le parquet a réclamé des peines de six ans à trois ans et demi de prison pour les huit autres prévenus dans cette affaire, selon l'agence ANSA.

Ce procès, le premier dans l'affaire du krach Parmalat, un des plus gros scandales financiers de ces dernières années en Europe, a débuté en septembre 2005 devant le tribunal de Milan avec sur le banc des accusés, outre Calisto Tanzi et certains de ses collaborateurs, plusieurs cabinets d'audit auxquels il est reproché de fausses communications financières.

L'un des trois procureurs au procès, Francesco Greco a comparé ce krach à «une vilaine affaire de mafia». M. Greco a aussi établi un parallèle entre le krach et la crise financière actuelle, pointant du doigt la responsabilité des banques dans cette déroute.

«L'écroulement de la finance internationale ces derniers jours est la meilleure démonstration que l'intuition des parquets de Milan et Parme était juste et que les banques étaient co- responsables du krach de Parmalat», a-t-il dit.

Banques impliquées, dont l'UBS

L'accusation, mais aussi les avocats de M. Tanzi, ont accusé les banques lors de l'enquête d'avoir vendu au public des titres Parmalat afin de sauvegarder leurs propres investissements dans le groupe, tout en connaissant son insolvabilité.

Un deuxième procès, également devant le tribunal de Milan, s'est ouvert en janvier 2008. Quatre banques étrangères, l'UBS, les américaines Citigroup et Morgan Stanley et l'allemande Deutsche Bank, ainsi que neuf de leur employés, y sont accusées de manipulations des cours et de fausses communications financières.

Le plus gros procès dans le cadre de l'enquête sur le krach, par le nombre de prévenus et par les peines encourues, s'est ouvert seulement en mars dernier à Parme où se trouve le siège du groupe. Cinquante-cinq personnes y sont poursuivies notamment pour banqueroute frauduleuse et association de malfaiteurs, dont Calisto Tanzi.

Parmalat employait à l'époque 36 000 personnes dans 30 pays du monde entier et son krach a englouti les économies de 135 000 épargnants italiens. (ats)

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