Procès Fiona: Trente ans de prison, «ça ne m'effraie pas»
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Procès FionaTrente ans de prison, «ça ne m'effraie pas»

L'avocat général a réclamé la peine maximale à l'encontre de la mère de Fiona et de son ex-compagnon. Ils sont jugés pour le meurtre de la petite fille en 2013.

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La mère de Fiona a été libérée en attendant un nouveau procès. La Cour de cassation vient d'annuler sa condamnation à 20 ans de prison. (Jeudi 21 février 2019)

La mère de Fiona a été libérée en attendant un nouveau procès. La Cour de cassation vient d'annuler sa condamnation à 20 ans de prison. (Jeudi 21 février 2019)

AFP
La mère, Cécile B., (ici escortée par des gendarmes) et le beau-père de Fiona ont été condamnés en appel, à 20 ans de réclusion.(10 février 2018)

La mère, Cécile B., (ici escortée par des gendarmes) et le beau-père de Fiona ont été condamnés en appel, à 20 ans de réclusion.(10 février 2018)

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Après deux semaines d'audience, la tâche s'annonçait ardue pour les jurés (exclusivement féminins): le corps n'a toujours pas été retrouvé, les accusés, murés dans leurs dénégations, disent avoir enterré dans un bois près de Clermont-Ferrand (centre) mais qui n'a jamais été retrouvé. (ici Etienne Fradin, président de la Cour. (Image - 5 février 2018)

Après deux semaines d'audience, la tâche s'annonçait ardue pour les jurés (exclusivement féminins): le corps n'a toujours pas été retrouvé, les accusés, murés dans leurs dénégations, disent avoir enterré dans un bois près de Clermont-Ferrand (centre) mais qui n'a jamais été retrouvé. (ici Etienne Fradin, président de la Cour. (Image - 5 février 2018)

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Trente ans de réclusion ont été requis vendredi à l'encontre de la mère de Fiona et son ex-concubin pour la mort de la fillette en 2013, l'avocat général ayant renvoyé dos à dos les deux accusés, «couple infernal». «Il n'est pas nécessaire que je puisse identifier qui a fait quoi, peu importe si l'un a mis trois coups et l'un un seul coup», a estimé Raphaël Sanesi de Gentile lors de son réquisitoire.

«Votre choix est fait à deux, unis dans la violence, les autres dehors. On va s'arranger, on va s'en sortir pour la pépette», surnom donné à l'enfant, a-t-il tonné.

Outre la peine maximale pour les coups mortels que Cécile B. et Berkane M. sont accusés d'avoir portés à Fiona, le magistrat a réclamé que leur condamnation soit assortie d'une peine de sûreté des deux tiers, et d'un suivi socio-judiciaire de 20 ans, avec sept ans d'emprisonnement en cas d'inobservation.

Il a demandé enfin un retrait total de l'autorité parentale de la mère sur ses deux autres enfants, et dix ans d'interdiction de ses droits civiques civils et de famille.

Faux enlèvement

Les ex-concubins, jugés depuis deux semaines par la cour d'assises du Puy-de-Dôme, avaient fait croire à un enlèvement pendant des mois en 2013 avant d'avouer la mort de la fillette de cinq ans dont le corps n'a jamais été retrouvé.

«C'est un dossier extrêmement difficile pour l'accusation, vous n'avez pas de corps», a estimé Raphaël Sanesi de Gentile. Mais «Fiona a lourdement été victime de ce couple infernal» et «la peine doit être exemplaire», a-t-il dit à la cour.

«Ce qui m'insupporte, c'est que la vérité est là dans le box et que tout cela n'est que mensonges», a-t-il asséné, ajoutant que «le comportement de ce couple, le scénario macabre, la mise en scène (...) va à l'encontre de la thèse accidentelle» soutenue par la défense.

Problèmes de mémoire

Au terme d'un procès où la tension a dominé, l'incertitude demeure sur les responsabilités de Cécile B., à la personnalité trouble, qui n'a cessé de modifier sa version des faits et celles de Berkane M., à la mémoire également défaillante. Sauf pour nier les violences dont l'accuse son ancienne compagne - mercredi soir, elle avait fini par avouer avoir menti.

Faute d'autopsie, la cause de la mort de Fiona n'a pas été éclaircie - coups, ingestion de médicaments, voire de drogues au domicile des deux toxicomanes. Ni la date exacte de son décès.

Même le sort réservé à la dépouille de l'enfant, enterrée en lisière d'une forêt ou jetée aux ordures, reste une énigme. Même les policiers divergent.

Jeudi à l'approche du verdict, la parole des deux accusés s'est enfin libérée, les ultimes débats tournant à l'affrontement entre Cécile B. et Berkane M. Mais sans faire éclater la vérité. «On s'est jamais dit on va tuer Fiona, on va l'enterrer. On l'a pas fait avec sang-froid. On n'est pas des assassins !», s'était notamment écrié l'accusé.

«Je n'ai pas faibli devant vos larmes d'émotion trop tardives que vous avez voulu faire passer hier matin», a martelé vendredi l'avocat général.

Verdict en soirée

Les avocats de la défense, qui plaideront à partir de 13H00, n'ont pas commenté le réquisitoire.

«A mon sens, c'était le strict minimum, la suite logique (...) On attend beaucoup du délibéré qui doit intervenir ce soir», a commenté Antoine Portal, qui représente la Fédération des comités Alexis Danan pour la protection de l'enfance.

Trente ans de réclusion, «ça ne m'effraie pas ! (...) J'ai ma conscience pour moi. Je laisse faire la justice», avait assuré mercredi Cécile B. «J'accepte la prison parce qu'on a menti, parce qu'on a fait l'enterrement», avait concédé de son côté Berkane M. «Mais pas parce que j'ai porté des coups.» (nxp/afp)

(NewsXpress)

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