Actualisé 03.06.2011 à 17:25

Heurts en Syrie

Trente-quatre manifestants auraient été tués

Les forces de sécurité syriennes ont de nouveau tiré sur la foule, vendredi, faisait près de 34 victimes.

Des dizaines de milliers de manifestants sont descendus vendredi dans les rues de Syrie pour la plus importante mobilisation contre le régime depuis le début de la contestation mi-mars. La contestation a été particulièrement forte à Hama (nord), où au moins 34 civils ont été tués par les forces de sécurité.

Dans cette ville, située à 210 km au nord de Damas, les manifestants étaient plus de 50'000 à s'être rassemblés, selon le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, basé à Londres, Rami Abdel-Rahmane. La télévision syrienne a elle parlé de «près de 10.000» personnes et le gouvernement «de centaines».

Les services de sécurité ont ouvert le feu pour disperser les protestataires, faisant au moins 34 morts et des dizaines de blessés, dont certains très grièvement, selon un bilan établi par M. Abdel-Rahmane. Un militant de Hama a décrit d'un «véritable massacre».

En outre, un civil a été tué par les tirs des forces de sécurité lors d'une manifestation dans le village de Has, dans le gouvernorat d'Idleb, au nord de Hama.

La télévision officielle a fait état pour sa part de la mort à Hama de «trois saboteurs, tués lors de heurts avec la police alors qu'ils attaquaient un bâtiment gouvernemental auquel ils ont mis le feu». Et l'agence officielle Sana a annoncé que 80 membres des forces de l'ordre avaient été blessés dans cette ville.

En 1982, une répression terrible avait fait 20'000 morts à Hama, lorsque les Frères musulmans s'étaient soulevés contre le régime de Hafez al-Assad, père du président actuel.

«Confiance rompue»

Dans le nord, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées à Maaret al-Nouman, selon un militant sur place. Plus de 5500 personnes au total ont également manifesté à Qamichli, Amouda et Ras al-Aïn, a affirmé un militant kurde des droits de l'Homme, Hassan Berro.

Sur la côte ouest, 5000 personnes ont manifesté à Banias, selon un militant. Et dans le sud, les forces de sécurité ont tiré en l'air pour disperser une manifestation à Jassem, près de Deraa, selon un militant des droits de l'Homme.

Des milliers de manifestants étaient aussi réunis à Damas et dans des localités proches, selon le chef de la Ligue syrienne des droits de l'Homme, Abdel-Karim Rihaoui.

«Les manifestations d'aujourd'hui sont les plus importantes depuis le début du mouvement et ce en dépit de l'amnistie annoncée par le président Bachar al-Assad. Cela montre que les gens ne font plus confiance au régime», a estimé M. Abdel-Rahmane.

Hommage aux enfants tués

Le réseau internet ne fonctionnait pas vendredi à Damas ni à Lattaquié, grande ville côtière du nord-ouest du pays, selon des habitants. Le réseau avait déjà été coupé une journée début avril.

Depuis plusieurs semaines, le vendredi est un jour de mobilisation en Syrie. Cette semaine, les manifestants ont défilé en hommage aux «enfants de la liberté». Selon l'Unicef, au moins 30 enfants ont été tués par balles par les forces de répression depuis le 15 mars.

Au total, la répression a fait plus de 1000 morts depuis la mi- mars, selon l'opposition et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki- Monn qui s'est dit «alarmé» vendredi de cette situation. La proclamation mardi d'une amnistie générale pour les prisonniers politiques et du lancement d'un «dialogue national» n'a pas entamé le mouvement de contestation.

Sanctions nécessaires

A l'étranger, des centaines d'opposants réunis à Antalya, dans le sud de la Turquie, se sont engagés à faire leur possible «pour faire chuter le régime». Ils ont réclamé la démission immédiate du président, tout en s'opposant à «toute intervention étrangère».

La communauté internationale, Etats-Unis et Union européenne en tête, fait pression sur Damas, à travers des sanctions, pour obtenir des réformes. La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a cependant regretté jeudi qu'il n'y ait pas plus d'unisson face au régime, visant sans le nommer le soutien russe à Damas ou l'absence d'»action forte» de la Ligue arabe. (ats/afp)

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