Roland Garros: Très peu soutenus, ils savent déranger
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Roland GarrosTrès peu soutenus, ils savent déranger

Les «petits» pays produisent des joueurs toujours plus nombreux. Ceux-ci sont condamnés à briller pour s'en sortir.

par
Oliver Dufour
Paris
Meilleur tennisman de Bosnie-Herzégovine, Damir Dzumhur (23 ans) joue son avenir au quotidien.

Meilleur tennisman de Bosnie-Herzégovine, Damir Dzumhur (23 ans) joue son avenir au quotidien.

Damir Dzumhur est Bosnien. Aujourd'hui, le 88e joueur mondial défie son idole, Roger Federer, à qui il rend 10 ans, au 3e tour de Roland-Garros, sur le court Philippe-Chatrier. Né en 1992 à Sarajevo, en pleine guerre, il baignait dans un environnement tout sauf propice à l'émergence de sportifs d'élite. Depuis qu'il est passé pro, 19 ans plus tard, le contexte a bien changé. Mais le joueur lutte toujours pour «survivre».

«Personne ne s'intéresse au sport en Bosnie, malheureusement, regrette Dzumhur. C'est pourquoi pas mal de grands ­talents sont partis ailleurs, comme Marin Cilic ou Ivan Dodig, en Croatie. Derrière moi, il n'y a personne de la prochaine génération pour obte­-nir ces résultats. J'espère qu'il y aura quelqu'un pour représenter à nouveau mon pays.»

Depuis plusieurs années déjà, le tennis s'est mondialisé. «Les plus petits pays produisent de très bons joueurs ­depuis quelque temps, observe Federer. La Suisse, la Serbie, la Bosnie ou Chypre... C'est une bonne chose.»

Mais lorsqu'ils n'appartiennent pas au gotha, les joueurs des nations émergentes rament. Est-ce plus dur d'atteindre le top 100 lorsqu'on vient de Bosnie-Herzégovine? «Assurément. Nous n'avons ­aucun soutien, se lamente son meilleur représentant. Pas d'aide de la fédération, pas de sponsors (ndlr: il n'en a qu'un). Je dois tout à l'aide de mes ­parents. Mais j'ai réussi et j'en suis fier. Après tout ce que mon pays a enduré, je suis heureux de porter ses couleurs dans les grands tournois.»

La Suisse, elle, peut se re­poser sur deux champions ­d'exception chez les messieurs, ainsi que deux joyaux bruts frappant aux portes du top 20 mondial chez les dames. Assez pour en entraîner d'autres dans leur sillage.

Une belle paire de claques

Belinda Bencic et Timea Bacsinszky n'ont guère traîné sur les courts, hier, pour leur 2e tour. Hélas pour la Saint-Galloise, sa partie face à Madison Keys (USA/WTA 16) a tourné au cauchemar. Bencic a été balayée en 1 h pile, 6-0 6-3. «J'ai été dépassée au 1er set», a-t-elle soupiré. Bacsinszky, qui défiera Keys en 16es, s'est quant à elle promenée contre Tereza Smitkova (Tch/WTA 65), l'expédiant en 47', 6-2 6-o. «Je ne vais pas le prendre comme référence, ça reste exceptionnel», a prévenu la Vaudoise.

Schiavone à l'usure

Marathon. Au 2e tour, jeudi, l'Italienne est venue à bout de Svetlana Kuznetsova (Rus), 18e tête de série, en 3h50' et 43 jeux intenses (6-7 7-5 10-8). Le 3e plus long match féminin de l'histoire de Roland.

Murray lâche un set

frayeur. Les favoris ont passé l'épaule en 3 sets, jeudi. Seul Andy Murray, face à Joao Sousa, a perdu une manche. Chez les dames, Serena Williams a peiné aussi, alors Caroline Wozniacki a mordu la poussière

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