Genève: Très pugnace, la locataire évite une pluie de béton
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GenèveTrès pugnace, la locataire évite une pluie de béton

Le toit d'un immeuble partait en lambeaux, sans réaction de la régie. La sécurité des bâtiments du canton reste peu contrôlée.

par
Thomas Piffaretti
Le secteur où les morceaux risquaient de tomber reste bouclé.

Le secteur où les morceaux risquaient de tomber reste bouclé.

«Imaginez les dégâts si un morceau était tombé du 7e étage sur un enfant...» Francisca* ne décolère pas. Depuis novembre, elle signale régulièrement à sa régie et aux services du Canton que le toit de son immeuble de la rue du Vidollet s'effrite et que des fragments menacent de tomber sur la chaussée, une vingtaine de mètres en contrebas. La seule réponse qui lui est faite: tout est en ordre.

En avril, après plusieurs courriers, la jeune femme apprend de l'Etat que seuls les pompiers sont habilités à intervenir en cas de danger imminent. Francisca appelle les sapeurs, qui sécurisent immédiatement tout le périmètre. Plusieurs kilos du béton branlants seront retirés du toit.

«On met en danger la vie des gens sans sourciller», tonne Francisca, qui a gardé certains morceaux en souvenir. Mis en cause par la locataire, ni la régie ni les propriétaires n'ont répondu à nos sollici­tations. Le Département can­tonal du logement, pour sa part, s'explique: «La marge de manœuvre des autorités en la matière est limitée par la loi, qui fait des propriétaires les responsables de leur bien.»

L'Etat n'a pas non plus la possibilité d'effectuer des contrôles systématiques du patrimoine bâti. Ce que comprend l'association de défense des locataires Asloca, qui demande par contre davantage de réactivité en cas de problème. La facture finale, elle, revient toujours au propriétaire.

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