Guerre au Yémen: Trêve fragile à Hodeida en attendant l'ONU
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Guerre au YémenTrêve fragile à Hodeida en attendant l'ONU

Une trêve a été conclue mais des violences sont toujours perpétrées dans le port de Hodeida. Des observateurs de l'ONU doivent se rendre dans la région pour faire respecter le cessez-le-feu.

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Keystone
La coalition menée par l'Arabie saoudite a visé lundi des sites de missiles balistiques et de drones de rebelles houthis à Sanaa. (30 mars 2020)

La coalition menée par l'Arabie saoudite a visé lundi des sites de missiles balistiques et de drones de rebelles houthis à Sanaa. (30 mars 2020)

AFP
La guerre au Yémen a un «impact dévastateur» sur la santé mentale des enfants, selon l'ONG Save the Children. (23 mars 2020)

La guerre au Yémen a un «impact dévastateur» sur la santé mentale des enfants, selon l'ONG Save the Children. (23 mars 2020)

AFP

La trêve reste fragile jeudi autour du port stratégique de Hodeida, dans l'ouest de Yémen, après de nouveaux combats sporadiques nocturnes, en attendant le déploiement d'observateurs des Nations unies visant à consolider le cessez-le-feu entre forces loyalistes et rebelles Houthis.

La trêve dans ce front actif de la guerre qui ravage ce pays pauvre de la péninsule arabique a été conclue il y a une semaine en Suède lors de pourparlers de paix inter-yéménites. Entrée en vigueur mardi, elle a donné lieu à de nombreuses pauses dans les opérations militaires sans empêcher toutefois des échanges de tirs.

Mercredi, la coalition menée par l'Arabie saoudite, qui intervient militairement aux côtés des forces gouvernementales, a menacé implicitement de reprendre son offensive en cas de «violations» persistantes du cessez-le-feu, et exhorté l'ONU à agir au plus vite. Au lendemain de ces déclarations, la ville de Hodeida, dont le centre reste tenu par la rébellion, est calme, selon un responsable militaire loyaliste.

Enjeu stratégique

Des positions des forces progouvernementales ont été visées tard mercredi par des tirs des rebelles Houthis à partir de l'Avenue Zayed et d'un QG de la police, selon ce responsable parlant sous couvert de l'anonymat.

Les forces progouvernementales, qui ont enregistré quatre blessés, ont riposté, a-t-il ajouté, précisant que les échanges de tirs avaient duré trente minutes environ.

Sur le site internet du centre d'information de leur mouvement Ansarullah, les rebelles ont pour leur part accusé les forces progouvernementales d'avoir tiré sur l'hôtel Al-Rafahia qu'ils contrôlent dans le centre de Hodeida.

Cette ville portuaire par où transite la majeure partie de l'aide humanitaire destinée au Yémen est un enjeu stratégique dans la guerre opposant les Houthis, appuyés par l'Iran, aux forces progouvernementales, soutenus militairement par une coalition conduite par l'Arabie saoudite.

Dans le sud de la province de Hodeida, les localités d'Al-Tahatya, de Hays, et de Beit al-Faqih ont connu durant la nuit des escarmouches, selon le même responsable militaire progouvernemental.

«Prévenir des violations»

L'ONU, qui a piloté les pourparlers en Suède, est pressée de contribuer à la mise en oeuvre dans les meilleurs délais des termes de l'accord du 13 décembre.

Le commandant des observateurs de l'ONU, chargés de surveiller la trêve, est entré en contact avec le comité mixte yéménite qui doit l'appliquer sur le terrain, pour demander une désescalade, a indiqué jeudi à l'AFP l'un des membres de ce comité.

«Le général Patrick Cammaert a demandé des efforts pour calmer la situation et prévenir les violations», a dit le général Ahmed al-Kawkabani, l'un des représentants du gouvernement au sein de cette instance qui comprend également des délégués des rebelles.

Patrick Cammaert a insisté, selon lui, sur «le désir de la communauté internationale de faire aboutir l'accord de trêve à Hodeida qui a résulté des pourparlers de Suède».

Selon l'ONU, le général Cammaert est attendu jeudi à Amman à la tête de l'avant-garde des observateurs de l'ONU, avant de se rendre à Sanaa et à Hodeida à des dates non précisées.

Le déploiement de ces observateurs a été vivement souhaité par l'émissaire de l'ONU au Yémen, Martin Griffiths, qui a plaidé vendredi dernier auprès du Conseil de sécurité en faveur de leur arrivée rapide à Hodeida.

«Permettre à l'ONU d'avoir un rôle dirigeant dans les ports est un premier pas vital. Nous devons voir cela arriver dans les jours qui viennent», a argué M. Griffiths lors d'une liaison vidéo depuis son bureau en Jordanie.

Selon des diplomates, quelque 30 à 40 observateurs pourraient être déployés à Hodeida, une ville où vivent environ 600'000 personnes, sans attendre une résolution de l'ONU.

Les membres du Conseil de sécurité discutent depuis près d'une semaine des négociations ardues sur un projet de résolution visant à entériner les acquis des consultations inter-yéménites de Suède et à officialiser le déploiement dans le pays d'une avant-garde d'observateurs.

Selon une source diplomatique, un dernier point de blocage est apparu mercredi. Alors que les 15 membres de l'instance étaient d'accord pour le texte proposé par le Royaume-Uni, la Russie a objecté qu'il ne devait pas accuser spécifiquement des pays soutenant les Houthis. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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