Bâle: Trio accusé d'avoir laissé pour morte leur victime

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BâleTrio accusé d'avoir laissé pour morte leur victime

Trois jeunes hommes ont comparu mardi devant la justice bâloise pour avoir frappé un Français jusqu'à ce qu'il tombe d'un pont de 7 mètres. Le verdict devrait tomber vendredi.

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C'est à cet endroit que la victime a passé par-dessus la glissière de sécurité.

C'est à cet endroit que la victime a passé par-dessus la glissière de sécurité.

photo: Kein Anbieter/las

De lourdes accusations pèsent sur trois Suisses, âgés de 25, 26 et 27 ans. Les hommes, dont le procès s'est ouvert mardi au Tribunal pénal de Bâle, sont accusés d'avoir grièvement blessé un Français de 24 ans la nuit du 1er novembre 2014.

Dans les heures qui ont précédé les faits, deux groupes de jeunes, Français contre Suisses, se seraient violemment provoqués en ville. Selon l'acte d'accusation, les trois prévenus étaient eux aussi impliqués dans ce conflit. Celui-ci aurait dégénéré une première fois au club A2. Une vaste baston avait alors éclaté dans la disco et s'était continuée dans le parking du Parc Saint-Jacques.

«Il n'a pas compris qu'on voulait l'aider»

Attaqués par les Suisses, les Français auraient fait usage de spray au poivre, blessant ainsi deux des accusés, ceux âgés de 25 et 26 ans. Interrogé mardi par les juges, le plus jeune des deux, l'accusé principal, a raconté avoir voulu rentrer à la maison juste après.

Mais en attendant le tram, il aurait reçu un coup de téléphone des deux autres prévenus, lui disant qu'ils avaient attrapé l'un des Français. Le jeune homme de 25 ans se serait alors mis à courir pour rejoindre ses amis. En attendant, ceux-ci auraient commencé à provoquer le ressortissant français en le poussant, relate «20 Minuten».

Ce qui a suivi a été filmé par des caméras de surveillance. Sur la vidéo on voit l'accusé principal arriver en courant et se jeter sur le Français de 24 ans avant de le bousculer sur la route.

Après avoir encaissé un coup de poing, le Français a passé par-dessus une glissière de sécurité et est tombé sous la barrière. «Nous avons encore essayé le relever pour éviter qu'il ne tombe sur la route d'en-bas, mais il n'a pas compris qu'on voulait l'aider. Il s'est débattu et a fini par chuter», s'est défendu le Suisse de 25 ans.

«J'ai perdu mon odorat»

La victime a fait une chute de 7 mètres. Quant à ses agresseurs, ils ont pris leurs jambes à leur cou sans appeler les secours. Interrogé à son tour par la Cour, le plus âgé des accusés a éclaté en sanglots et n'a cessé de dire à quel point il était désolé de l'avoir abandonné.

Grièvement blessé, le Français avait finalement été retrouvé par un automobiliste. Une fois à l'hôpital, il avait dû être plongé dans un coma artificiel à cause de la gravité de ses blessures, soit un traumatisme crânien à plaie ouverte et diverses fractures du crâne.

La victime, qui a appris le métier de cuisinier, aura des séquelles toute sa vie: «J'ai perdu mon odorat à cause de cette affaire. Lorsque quelque chose brûle en cuisine, je suis le dernier à le remarquer.» Il précise aussi qu'il n'a pu reprendre le travail qu'il y a peu de temps et seulement à 50%. «Après quatre heures je suis fatigué. Je dois dormir au moins 10 heures par jour et j'ai souvent mal à la tête.»

Le Ministère public a requis trois ans de prison dont un an ferme à l'encontre du Suisse de 25 ans. Pour les deux autres accusés, il a demandé des peines pécuniaires. Le verdict devrait tomber vendredi, selon la «Basler Zeitung».

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