Guerre en Libye: Tripoli rejette un appel au cessez-le-feu
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Guerre en LibyeTripoli rejette un appel au cessez-le-feu

Les insurgés en appellent depuis Benghazi, leur fief, à un cessez-le-feu.

Condition obligatoire: le colonel Kadhafi et ses fils doivent quitter la Libye. La ville de Misrata subit toujours des bombardements. La coalition se plaint d'une mauvaise météo.

Le président du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, a déclaré vendredi lors d'une conférence de presse à Benghazi, que la rébellion était prête à un cessez-le-feu à condition que Mouammar Kadhafi et que ses fils quittent la Libye et que ses forces se retirent des villes sous leur contrôle.

«L'objectif de la révolution est la libération de la Libye, l'unification de son territoire avec Tripoli comme capitale», a-t-il affirmé. M. Abdeljalil avait rencontré auparavant l'envoyé spécial de l'ONU en Libye, le Jordanien Abdel Ilah Khatib. Ce dernier a confirmé que la question d'un éventuel cessez-le-feu entre rebelles et forces loyalistes avait en effet été abordée.

M. Khatib a aussi indiqué avoir rencontré la veille à Tripoli de hauts responsables du régime libyen pour les appeler à respecter un cessez-le-feu et autoriser l'entrée d'aide humanitaire en Libye. Le régime du colonel Mouammar Kadhafi a rejeté vendredi soir les conditions du cessez-le-feu proposé auparavant par la rébellion.

Sortie de crise

Les puissances occidentales cherchent une sortie à cette crise et une solution politique plutôt que militaire. L'Allemagne a confirmé vendredi sa position. Le chef de la diplomatie allemande, Guido Wersterwelle, a prôné la mise en route «d'un processus politique» alors que l'OTAN a pris le contrôle des opérations militaires.

Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, se rendra lundi à Ankara pour discuter avec le premier ministre turc, Tayyip Erdogan, sur la situation en Libye. La Turquie contribue à l'effort de la coalition avec cinq navires de guerre et un sous-marin.

A Londres, Mohamed Ismail, conseiller de Saif al Islam Kadhafi, le fils aîné du dirigeant libyen, aurait rendu visite à des proches et la Grande-Bretagne aurait saisi l'occasion pour lui adresser des messages très fermes à propos du régime», a indiqué une source gouvernementale. Mais le Foreign Office à Londres n'a pas confirmé.

Misrata sous les bombes

Les rebelles ont affirmé que les kadhafistes avaient soumis la ville de Misrata, la dernière grande ville de l'ouest aux mains des insurgés, à d'intenses bombardements, à 200 km à l'est de Tripoli. Les troupes loyalistes auraient attaqué les magasins et les habitations du centre-ville, à en croire les insurgés.

Dans l'est, les rebelles ont acheminé du matériel lourd. D'anciens officiers essaient d'organiser les forces pour reprendre l'initiative sur le terrain. Dans leur ligne de mire, le contrôle du port pétrolier de Brega, pris alternativement par l'un et l'autre camp. Les combats s'y sont poursuivis ces dernières heures.

Le manque de discipline et de coordination pèse sur la rébellion. Des officiers libyens qui ont fait défection organisent les troupes. Un point de contrôle interdit le passage aux jeunes sans arme. Les rebelles ne veulent plus voir les jeunes se faire tuer. A Benghazi, le CNT réclame des livraisons d'armes pour les insurgés.

Soutien logistique

Selon un haut gradé américain, le plus gros problème rencontré par la coalition ces derniers jours est lié aux mauvaises conditions météorologiques. Des avions chargés des frappes ne peuvent pas «voir les cibles avec précision», a indiqué l'amiral Mike Mullen.

A Tripoli, les partisans de Kadhafi ont chanté et dansé jeudi soir pour affirmer leur détermination à défendre le dirigeant libyen.

Les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont à nouveau évoqué la possibilité d'armer les rebelles, une hypothèse vite écartée par l'OTAN, qui dirige depuis jeudi les opérations.

Des responsables américains ont parallèlement révélé que le président Barack Obama avait maintenant autorisé la CIA à mener des actions clandestines pour appuyer les insurgés sur le terrain. Le Qatar, le seul pays avec la France à avoir reconnu le CNT, va ravitailler les insurgés en carburant et en vivres, a déclaré un porte-parole de la rébellion. (ats)

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