Genève: Triste fin pour un cerf perdu dans le cimetière de Châtelaine
Publié

GenèveTriste fin pour un cerf perdu dans le cimetière de Châtelaine

Après plusieurs heures à tenter d’endormir l’animal pour le relâcher dans la nature, vendredi après-midi, les gardes de l’environnement ont décidé d’abattre le jeune mâle. Sa présence en ville représentait un danger pour la population.

par
Leila Hussein

Le quartier de Saint-Jean a connu un vendredi après-midi mouvementé. Un daguet, un jeune cerf d’une année et demie, s’est introduit dans le cimetière de Châtelaine. Alerté à 14h30, l’Office cantonal de l’agriculture et de la nature a d’abord pensé à un chevreuil. «Un cerf en ville, c’est tellement incongru», raconte Yves Bourguignon, responsable du secteur de la garde de l’environnement.

Tentatives de sauvetage infructueuses

Arrivés sur place, les pompiers ont confirmé l’information. Le secteur a été sécurisé et un dispositif de sauvetage a été mis en place vers 15h30. «Nous avons envoyé une personne avec le matériel hypodermique, c’est-à-dire un fusil qui tire des flèches de sédatif», rapporte Yves Bourguignon. Durant près de cinq heures, les spécialistes ont tenté d’endormir le jeune mâle afin de le relâcher en forêt, sans succès. «Deux seringues n’ont pas atteint la cible et la troisième a touché le daguet dans une zone peu propice», poursuit le responsable.

Un danger pour la population

Peu à peu, la nuit s’est installée, rendant l’opération difficile. Ultime recours: abattre l’animal. «Nous craignions qu’il sorte du cimetière. Même une sécurité de deux mètres de hauteur ne suffit pas à empêcher un cerf de sauter. Il représentait un danger pour la population. On ne sait jamais comment va réagir un animal sauvage en ville, avec le tram, la circulation et le passage à proximité. Sans compter qu’il n’était pas en très bonne forme et semblait amaigri. Alors nous avons donné le feu vert pour le tirer», relate Yves Bourguignon.

Et d’ajouter que tout a été fait pour le sauver avant d’en arriver à cette «ultime décision». La tâche, réalisée autour de 20h, est revenue à la police cantonale, déjà présente sur place, «car leurs agents sont plus habitués à effectuer des tirs en ville.»

D’où venait ce jeune mâle?

La question de la provenance de ce daguet perdu en ville reste ouverte. Difficile d’envisager qu’il vienne de la population de cerfs installée à Versoix, juge le responsable du secteur de la garde de l’environnement. En revanche, il pourrait être originaire d’une importante population établie dans l’Etournel, en France voisine. «Nous avons régulièrement des visites de chevreuils dans les régions d’Avully, de Chancy et de Champagne, mais la venue de cerfs, elle, est plus rare. Ce qui est incroyable c’est qu’il soit arrivé aussi loin dans la ville», indique le spécialiste qui n’est toutefois pas surpris. «Ce sont des animaux plus erratiques que les autres. Ils veulent s’émanciper et découvrir de nouveaux horizons. Comme la population se porte très bien dans les régions voisines, ils sont plus nombreux et le risque d’en voir débarquer à Genève augmente.»

Ton opinion