Actualisé 29.05.2012 à 11:20

Week-end noir en FranceTriste record à la SNCF: 12 suicides en trois jours

Le pont de la Pentecôte a été qualifié de «week-end noir» par un porte-parole de la SNCF. Il a été marqué par douze morts sur les voies, pour la plupart des suicides, ainsi qu'un gros problème technique.

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gco/afp
«Nous n'avions jamais vu une telle vague d'accidents de personnes comme l'on dit pudiquement pour dire suicide», a déploré sur Europe 1 Michel Pronost, porte-parole de la SNCF.

«Nous n'avions jamais vu une telle vague d'accidents de personnes comme l'on dit pudiquement pour dire suicide», a déploré sur Europe 1 Michel Pronost, porte-parole de la SNCF.

La préfecture de police de Paris a déclenché le plan Pégase (ou Plan contre l'engorgement des gares en situation exceptionnelle) dans la nuit de lundi à mardi dans la capitale après divers incidents qui ont entraîné des retards importants de TGV. Ceux-ci ont touché plusieurs milliers de voyageurs. Le plan Pégase sert au rapatriement chez eux des voyageurs arrivant tard dans les gares parisiennes après la fermeture du métro.

Parmi les causes des retards, la SNCF déplore un nombre record de suicides. «Nous n'avions jamais vu une telle vague d'accidents de personnes, comme l'on dit pudiquement pour dire suicide», a déploré sur Europe 1 Michel Pronost, porte-parole de la SNCF.

«C'est du jamais vu à la SNCF!»

«Douze en trois jours, de samedi à lundi, c'est du jamais vu à la SNCF! C'est un traumatisme pour les conducteurs, les cheminots et les voyageurs, au-delà du drame humain qui se cache derrière une telle action», a relevé Michel Pronost sur les ondes de la station de radio française.

Et de poursuivre: «C'est un vrai sujet de réflexion, à la fois pour la SNCF et le réseau ferré de France. Mais, je crois aussi que tout le monde au sein de la société doit se poser la question de savoir pourquoi, dans une période comme celle-là, on assiste à une vague d'accidents qui surprend tout le monde et qui laisse sans doute tout le monde un peu désorienté. Maintenant, tout le monde doit s'interroger, y compris à la SNCF. Je pense que dans les jours à venir nous allons nous réunir. Nous allons réfléchir du point de vue technique parce qu'aujourd'hui seules les voies des lignes à grande vitesse sont protégées par des grillages. Trente mille kilomètres de voies ne le sont pas.»

Plusieurs TGV touchés

Le trafic SNCF, essentiellement des TGV, a été fortement perturbé lundi soir, dans les deux sens, entre Paris et le sud (Marseille, Lyon, Nice, Toulon) à cause d'un suicide, et entre Paris et Bordeaux à cause de l'arrachage d'une caténaire, a-t-on appris auprès de la SNCF.

Vers 23h, la SNCF signalait «un retard de l'ordre de 45 minutes à une heure» sur une dizaine de TGV entre Paris et le sud de la France (Lyon, Marseille, Nice, Toulon) dans les deux sens, de deux à trois heures pour trois autres trains, et de plus de trois heures pour le train ayant heurté la victime, le TGV 6181, qui est endommagé et dont les passagers ont dû être transbordés dans un autre train. «Il y a eu un suicide à 19h04», a expliqué un porte-parole de la société. «Le TGV 6181 (provenant de Paris et roulant vers Marseille) a percuté une personne aux environs de la gare de Valence TGV.»

Il se tue avec sa fillette de 19 mois

Dans la nuit de dimanche à lundi, un homme de 34 ans s'est notamment tué avec sa fillette de 19 mois en se jetant sous un train dans la Haute-Vienne. La police a évoqué un «drame de la séparation» (lire quelques détails dans l'encadré ci-contre).

Et dimanche matin, deux frères, un quinquagénaire et un octogénaire, avaient été happés par un train dans l'Aisne, sur la commune de Jussy. Le plus jeune est mort. Dimanche à l'aube, une personne avait également péri sous les roues d'un TGV dans l'Oise, à hauteur d'Arsy. Elle s'était allongée sur la voie.

Un jeune papa se jette sous le train avec son bébé

Dans la nuit de dimanche à lundi, un homme de 34 ans s'est notamment tué avec sa fillette de 19 mois en se jetant sous un train dans la Haute-Vienne. Le jeune papa s'est tué peu avant minuit sur le territoire de la commune de Condat-sur-Vienne, a-t-on appris auprès des pompiers et d'une source policière, qui évoque «un drame de la séparation».

A l'arrivée des secours, le père et son enfant étaient décédés, ont indiqué les pompiers. Le drame s'est produit dimanche, peu avant minuit. L'homme, résidant à Panazol, près de Limoges, s'était réfugié dans un abri le long des voies ferrées, sur la ligne Brive-Limoges, où il a attendu le passage d'un train pour sortir et se rouler en boule sur les rails, sa fillette dans les bras, selon les pompiers.

Plus tôt dans l'après-midi, le désespéré avait laissé une lettre à ses parents expliquant ses intentions et les raisons de son geste, ont précisé les pompiers.

Selon une source policière, il s'agit «d'un drame de la séparation».

Les parents du désespéré avaient immédiatement alerté la police, mais les recherches étaient restées vaines. Le train a été immobilisé jusqu'à 1h lundi matin.

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