Bélarus: Trois ans avec sursis contre un journaliste

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BélarusTrois ans avec sursis contre un journaliste

Le correspondant au Bélarus du quotidien polonais Gazeta Wyborcza a été condamné mardi à trois ans de détention avec sursis pour avoir diffamé le président Alexandre Loukachenko, au moment où des centaines de d'opposants sont jugés pour avoir manifesté contre le régime.

Le journaliste bélarusse Andreï Potchobout (Andrzej Poczobut, selon l'orthographe polonaise) a cependant été innocenté par un tribunal de Grodno, dans l'ouest du pays, de l'accusation d'«offense au président», selon l'ONG de défense de droits de l'Homme Viasna.

Le parquet avait requis trois ans de détention ferme contre le journaliste, arrêté en avril dernier. Son procès à huis clos était en cours depuis le 14 juin.

«Je considère que je ne suis pas coupable, et c'est pourquoi je vais faire appel. Le tribunal a estimé que le fait de traiter Loukachenko de dictateur dans mes articles était de la diffamation», a déclaré mardi M. Potchobout, 38 ans, à la sortie du procès, selon un témoin interrogé par l'AFP.

En détention depuis son arrestation en avril

Le journaliste était placé en détention depuis son arrestation en avril dernier, rappelle le site d'opposition charter97.org.

Le Bélarus, sous le coup de sanctions occidentales, multiplie les arrestations d'opposants depuis l'élection présidentielle de décembre. Plusieurs dirigeants de l'opposition ont été condamnés à des peines de prison ferme.

Quelque 400 personnes ont encore été interpellées dimanche à travers le pays pour avoir participé à des manifestations contre le régime organisées via les réseaux sociaux en ligne.

Selon un décompte réalisé par l'AFP sur la base de chiffres diffusés par des ONG bélarusses de défense des droits de l'Homme, 140 manifestants ont été condamnés depuis lundi et 200 autres doivent être jugés cette semaine.

Certains sympathisants de l'opposition ont été condamnés à des peines de prison comprises entre deux et quinze jours. D'autres ont échappé à la détention mais se sont vu infliger des amendes d'environ 140 euros.

Les craintes des autorités

Les organisateurs des rassemblements, baptisés «La révolution via le réseau social», ont pour leur part promis de continuer leur action. Ils appellent les Bélarusses à descendre régulièrement dans les rues du pays et à applaudir pour exprimer leur désaccord avec le régime de M. Loukachenko.

«Citoyen Loukachenko! Si vous croyez que vous pouvez faire peur à un peuple entier vous avez tort. On n'a pas peur des bandits», ont proclamé sur le réseau social Vkontakte.ru les organisateurs de la contestation.

Selon des observateurs, les autorités de cette ex-république soviétique craignent que la contestation ne gagne du terrain à la faveur de la grave crise économique qui mine le pays.

Le gouvernement a dû ces dernières semaines dévaluer la monnaie en raison d'un déficit commercial abyssal, de nombreux produits importés ont disparu des étalages en raison du manque de devises et l'inflation dépasse d'ores et déjà 20% depuis le début de l'année. (afp)

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