Harmos: Trois cantons de Suisse centrale ont peut-être trouvé la parade
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HarmosTrois cantons de Suisse centrale ont peut-être trouvé la parade

Trois cantons proposent de laisser les parents décider de l'âge auquel envoyer leur bambin à l'école.

Ils veulent laisser les parents décider si leurs enfants entrent à l'école à l'âge de 4 ans, comme le prévoit le concordat, ou à 5 ans.

L'idée présentée ces derniers jours par les cantons d'Uri, de Schwyz et de Nidwald ne pose aucun problème à la Conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP). Selon son secrétaire Olivier Maradan, le concordat intercantonal sur l'harmonisation scolaire (Harmos) permet de telles exceptions, pour autant qu'elles restent individuelles.

Uri, Schwyz et Nidwald prévoient que les parents qui souhaitent scolariser leur enfant une année plus tard, soit à l'âge de 5 ans, devront exposer leurs raisons aux autorités scolaires lors d'un entretien personnel. Ces dernières les écouteront et tenteront le cas échéant de les convaincre de revenir sur leur demande.

Suite à cela, les parents uranais et schwyzois pourront décider eux-mêmes à quel âge ils mettent leur enfant à l'école. A Nidwald, la décision finale reviendra à l'autorité scolaire, mais la conseillère d'Etat en charge du dossier, Beatrice Jann, estime que la volonté des parents sera respectée dans 99% des cas.

Rien de nouveau?

Olivier Maradan ne voit rien de nouveau dans ces exceptions. Elles ne remettent pas en cause Harmos. Elles ne constituent pas non plus, selon lui, une concession faite à l'UDC, qui lutte contre le projet à cause de l'avancée de l'âge de scolarisation.

On peut déjà demander aujourd'hui de telles dérogations dans tous les cantons, explique M. Maradan. Il est même parfois possible de scolariser un enfant plus tôt que prévu. Chaque canton définit lui-même les conditions requises pour obtenir une dérogation.

Par rapport à leurs réglementations actuelles, Uri, Schwyz et Nidwald simplifient pourtant les conditions permettant de repousser la scolarisation. Jusqu'ici, la décision finale revenait en effet aux autorités scolaires. De plus, les services psychologiques devaient s'exprimer.

Peter Horat, le secrétaire général du département de l'éducation du canton d'Uri, reconnaît qu'il sera à l'avenir plus facile de repousser l'âge de scolarisation des enfants. Mais il estime cet assouplissement nécessaire car on veut scolariser les enfants beaucoup plus tôt.

A Uri, aucune des deux années de jardin d'enfants n'est aujourd'hui obligatoire. Mais pratiquement tous les enfants s'y rendent durant une année à partir de 5 ans. A Schwyz et Nidwald, seule une année de maternelle est obligatoire.

Une question de temps

La CDIP estime que seul un petit nombre de parents demandera des dérogations. M. Horat pense pour sa part que dans quelques années presque tous les parents enverront leurs enfants deux ans au jardin d'enfants. «Les enfants veulent aller à l'école et les parents scolarisent plus volontiers leurs bambins lorsqu'ils peuvent que lorsqu'ils doivent.»

Le concordat Harmos a déjà été refusé par les citoyens de trois cantons alémaniques, Lucerne, les Grisons et Thurgovie, suite à des référendums. Les opposants ont gagné en faisant valoir qu'il était trop tôt de scolariser les enfants à 4 ans. Aucun des cinq cantons qui ont voté sur Harmos jusqu'ici n'ont mis en avant la possibilité de demander des dérogations.

Les citoyens de Nidwald, où le référendum a aussi abouti, sont appelés à se prononcer le 8 février. Suite à l'annonce que les parents pourront plus facilement repousser l'âge de scolarisation des enfants, Beatrice Jann a de bons espoirs de gagner cette votation. A Uri et à Schwyz, Harmos doit encore passer devant le parlement.

Huit cantons ont déjà accepté Harmos de façon définitive. Il en faut dix pour que le concordat puisse entrer en vigueur dans les cantons qui l'ont accepté. Pour qu'il s'étende à tout le pays, le projet d'harmonisation scolaire doit être approuvé par 18 cantons.

(ats)

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