Fribourg: Trois enfants abandonnés chez leurs grands-parents
Actualisé

FribourgTrois enfants abandonnés chez leurs grands-parents

Frappé d'une décision d'expulsion, un couple de Portugais a disparu en laissant ses bambins sans argent en Suisse. Explications.

par
Frédéric Nejad Toulami

«A ma connaissance, nous n'avons jamais traité une affaire similaire aussi délicate par le passé.» Magistrate à la justice de paix de l'arrondissement de la Gruyère, Marie-Laure Paschoud Page refuse toutefois de s'étendre sur ce cas précis ou sur d'autres où le sort d'enfants est en jeu.

Comme l'a relaté «La Liberté» la semaine passée, des parents portugais vivant illé­galement à Broc avec leurs jumeaux de 7 ans et leur bébé de 22 mois avaient reçu une décision de renvoi des autorités, en septembre 2014. Le couple a alors brusquement quitté la Suisse, en abandonnant au débotté sa progéniture chez les grands-parents, qui vivent dans un 2 pièces et demie de la même commune. Disparus sans laisser d'argent ni d'adresse! C'est le Service de l'enfance et de la jeunesse qui a dénoncé l'affaire au Ministère public, en novembre 2014. Six mois plus tard, le procureur a condamné la violation du devoir d'assistance et d'éducation des parents. Le père de 31 ans se prend trois mois de jours-amende, et la mère 100 jours-amende avec sursis. Cette décision pénale a pu leur être notifiée, car leur nouvelle adresse est désormais connue, au Luxembourg. Le Ministère public précise toutefois qu'ils ne font pas pénalement l'objet d'un avis de recherche. Quant à la justice de paix fribourgeoise, elle leur a vite retiré le droit de garde pour le confier à la grand-mère, et elle a nommé un curateur pour les enfants.

«Des mesures de protection à ordonner»

La justice de paix de Lausanne déclare qu'elle n'a jamais été saisie de situations analogues à celle de Fribourg. «Dans une hypothèse similaire, et si la situation nous était signalée, il va de soi que des mesures de protection de l'enfant seraient immédiatement ordonnées», précise la juge Anouchka Hubert. Le Service de protection de la jeunesse (SPJ) serait amené à agir. Un tuteur pourrait être nommé. Et les autorités peuvent examiner si le comportement des parents relève d'une infraction pénale.

Ton opinion