Mutinerie au Liban: Trois gardiens de prisons pris en otage
Actualisé

Mutinerie au LibanTrois gardiens de prisons pris en otage

Les émeutiers protestent contre les conditions de détention dans la prison surpeuplée de Roumieh, au nord-est de Beyrouth.

De la fumée a été aperçue mardi matin s'échappant de la prison, sans qu'on en connaisse l'origine.

De la fumée a été aperçue mardi matin s'échappant de la prison, sans qu'on en connaisse l'origine.

Une première mutinerie, qui avait éclaté samedi dans la prison surpeuplée de Roumieh, avait vu les détenus incendier des matelas et casser des portes et des fenêtres. Les violences avaient cessé dimanche mais elles ont repris lundi soir.

Trois gardiens étaient retenus mardi dans le principal établissement pénitentiaire du Liban, a affirmé à l'AFP l'aumônier général des prisons. «Trois gardiens sont retenus» dans l'un des bâtiments depuis lundi soir, a affirmé le père Marwan Ghanem, précisant que l'électricité a été coupée pour empêcher les prisonniers de recharger les téléphones portables, introduits illégalement. «Les gardiens sont en bonne santé. Les prisonniers les considèrent comme leurs frères, ils veulent juste faire pression» pour faire entendre leurs revendications.

«Les gardes ne sont pas menacés. On les empêche juste de sortir du bâtiment», a indiqué de son côté un responsable des services de sécurité.

Vers 11h GMT, une épaisse fumée se dégageait de la prison, sans que l'on en connaisse la raison.

Environ 70 proches de prisonniers ont par ailleurs manifesté devant la prison, située au nord-est de Beyrouth, bloquant la route d'accès en brûlant des pneus. Ils protestaient contre l'interdiction de visiter les détenus, décrétée à la suite de la mutinerie.

Ces dernières années, il y a déjà eu plusieurs émeutes dans les prisons du Liban en raison des mauvaises conditions de détention, de l'exiguïté des cellules et du manque de personnel.

La prison de Roumieh, conçue pour accueillir 1500 détenus, en abrite près de 4000, pour 200 gardiens. Quelque 700 prisonniers seulement ont été condamnés. La justice est très lente, certains détenus restent en prison des années avant que leur procès ne s'ouvre. Certains condamnés ont accès à un traitement privilégié à la faveur d'un système pénitentiaire miné par la corruption et le laxisme.

L'amnistie est accordée par le vote d'une loi. Or les institutions de l'Etat sont actuellement paralysées dans le pays, toujours sans gouvernement depuis la chute du cabinet d'union de Saad Hariri, en janvier, à l'issue d'un bras de fer avec le camp du puissant Hezbollah.

«Je suis très solidaire avec ces revendications. Nous prenons notre temps pour régler la question pour qu'aucune goutte de sang ne soit versée», a affirmé mardi le ministre de l'Intérieur, Ziad Baroud, lors d'une conférence de presse. «Les forces de sécurité ont un plan pour régler rapidement la situation, les prisonniers le savent», a-t-il ajouté.

Un bureau de plaintes sera mis en place pour les proches des détenus, a précisé le ministre.

(afp)

Ton opinion