Votations: Trois grands patrons contre l'initiative «1:12»
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VotationsTrois grands patrons contre l'initiative «1:12»

Nick Hayek (Swatch Group), Anton Affentranger (Implenia) et Herbert Bolliger (Migros) jugent l'initiative des jeunes socialistes trop rigide et néfaste pour la place économique.

«C'est une initiative dogmatique avec des exigences trop rigides», a relevé Nick Hayek dans une interview au «SonntagsBlick». Le directeur général de Swatch Group voit les auteurs du texte comme d'«honnêtes concierges qui veulent volontiers contrôler quand on doit éteindre la lumière et à quel niveau sonore on doit écouter la musique.»

Simultanément, Nick Hayek dit comprendre la rancune que peuvent susciter certains managers. Les attaques contre les très hauts salaires trouvent leur origine dans la culture boursière anglo-saxonne, qui est trop fortement orientée vers les intérêts à court terme des actionnaires, explique-t-il.

Liberté économique

«Nous devons à nouveau veiller à ce qu'une entreprise crée de la valeur pour tous ses participants et non pas uniquement pour ses actionnaires», précise Nick Hayek.

Le directeur général du numéro un suisse de la construction Implenia, Anton Affentranger, estime que les entreprises doivent être responsables pour l'environnement et la société. «Nous observons une fracture entre l'économie et la société», se montre-t-il préoccupé dans une interview à la «SonntagsZeitung».

Il n'en demeure pas moins que l'initiative 1:12 prend une mauvaise direction. «Je trouve absurde que le rôle de fixer un salaire maximum et minimum revienne à l'Etat», indique Anton Affentranger. Le patron d'Implenia y voit une menace pour la liberté économique et individuelle.

Question de taille aussi

Herbert Bolliger, directeur général de Migros, fait également preuve de la plus grande retenue à l'égard de l'initiative. «Les effets à long terme seraient négatifs», avertit-il dans les colonnes du «SonntagsBlick». «La Suisse se trouverait isolée.»

Le patron du géant orange admet cependant que certaines entreprises ont commis des excès. «Certaines personnes ont complètement perdu le sens de la mesure». L'éventuel caractère excessif d'un salaire dépend également de la taille de l'entreprise, insiste Herbert Bolliger.

«Il y a davantage de marge de manœuvre vers le haut pour une multinationale comme Nestlé que pour un fabricant de chocolat qui réalise un chiffre d'affaires annuel de 2 ou 3 milliards de francs», illustre Herbert Bolliger. Ce dernier fait ici référence indirecte à la rémunération du patron de Lindt & Sprüngli.

Celui-ci, Ernst Tanner, a ainsi gagné près 7 millions de francs l'an passé. Le directeur général de Migros dit en revanche n'avoir aucun problème avec son homologue de Nestlé quand il perçoit 10 ou 15 millions, pour un chiffres d'affaires de 92,2 milliards en 2012.

L'initiative 1:12 a été déposée en mars 2011 munie de plus de 113'000 signatures. Le texte des Jeunes socialistes exige que le plus bas salaire versé dans une entreprise soit au maximum 12 fois plus bas que la personne la mieux payée de la firme. (ats)

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