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Catastrophe à RigaTrois hypothèses examinées après le drame

Le président letton Andris Berzins a parlé de «meurtre» en évoquant ce week-end l'effondrement d'un supermarché jeudi à Riga.

Le président letton a posé la question de la responsabilité humaine dans ce drame qui a fait au moins 54 morts et choqué le pays. Sept personnes sont encore portées disparues.

«Ce dossier devrait être considéré comme un meurtre de nombreuses personnes sans défense et il requiert une réaction appropriée», a déclaré samedi le chef de l'Etat à la télévision publique LTV.

«C'est un cas complexe qui ne peut être qualifié de catastrophe naturelle ou de malchance, parce que la nature n'y a joué aucun rôle», a insisté M. Berzins. Il demande que l'enquête soit menée «à la vitesse maximale».

Cette tragédie a frappé de stupeur ce pays d'un peu plus de 2 millions d'habitants. Le gouvernement a décrété trois jours de deuil national jusqu'à lundi.

Trois hypothèses

La police lettone travaille sur trois hypothèses pour déterminer les causes de l'accident : la conception du bâtiment, sa construction et les nouveaux éléments installés sur le toit.

Le centre commercial a été construit en 2011 et avait été sélectionné pour un prix d'architecture. Des travaux étaient en cours sur le toit pour le transformer en jardin suspendu avec des arbustes et une aire de jeux pour enfants.

«Défaut de conception»

«C'est un défaut de conception, venant de l'ignorance», a déclaré dimanche Toomas Kaljas, PDG et ingénieur de Rak Tek Solutions à Espoo, en Finlande.

«Les treillis d'acier sont fabriqués avec des pièces assemblées à l'aide de raccords boulonnés. Le raccord inférieur a été au moins deux fois sous-estimé» dans la conception du supermarché, explique-t-il dans un rapport fondé sur des photos de la catastrophe publié sur Internet.

Structures dangereuses

Sur le site de la catastrophe, les travaux de déblaiement ont repris dimanche dans la matinée afin que les fouilles interrompues la veille au soir puissent reprendre dès que possible. Sept personnes sont encore portées disparues, mais les chances de retrouver des survivants sont nulles, selon les sauveteurs.

«Des parties (du bâtiment) qui menacent la sécurité» ont commencé à être détruites dimanche, a déclaré Viktorija Sembele, la porte-parole des pompiers. «Ces structures dangereuses doivent être enlevées avant que nous puissions y envoyer des pompiers et poursuivre des fouilles. Impossible de dire combien de temps cela peut prendre», a-t-elle ajouté.

Nombreuses bougies

Dimanche, jour de la Fête des Morts en Lettonie, l'affluence dans les cimetières était plus importante que les années précédentes. «La nation entière est choquée», dit à l'AFP Ligita, habillée de noir, apportant fleurs et bougies au cimetière avant d'ajouter : «revenez ce soir et vous verrez des bougies allumées partout, partout».

En Lettonie, comme dans d'autres pays d'Europe de l'Est, il est de tradition pour la Fête des Morts que les familles se rendent dans les cimetières pour déposer des bougies sur les tombes. Mais cette année, «les gens ne pensent pas uniquement à leurs propres familles. Ils pensent également aux autres, à ceux qu'ils n'ont même jamais rencontrés», explique Ligita. (ats)

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