Suisse: Trois mesures pour un plan enlèvement utilisable
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SuisseTrois mesures pour un plan enlèvement utilisable

L'alerte enlèvement devrait être étendue aux pays limitrophes, intégrer les réseaux sociaux et inclure le kidnapping par un parent, estime vendredi la fondation Missing children Switzerland (MCS), suite aux recommandations d'une étude.

Dans son étude, Julien Délèze, de l'institut de criminologie et de droit pénal de l'Université de Lausanne, a comparé le système d'alerte en cas d'enlèvement en Suisse avec celui utilisé en France, en Angleterre, en Belgique, au Canada et aux Etats-Unis notamment. Il a constaté certaines lacunes dans le système suisse.

Ses recommandations ont été reprises par MCS. La fondation présidée par Irina Lucidi, mère des jumelles disparues à Saint-Sulpice (VD) le 30 janvier 2011, propose trois ajustements pour rendre le plan «utilisable, utile et efficace», indique-t-elle dans un communiqué.

Enlèvement par des parents

MCS souhaite inclure dans les critères qui permettent de lancer l'alerte l'enlèvement par un parent, et non seulement par une personne tierce comme c'est actuellement le cas. En effet, Julien Délèze a observé dans son étude que les enlèvements familiaux représentent 52% des cas, alors que ceux commis par un tiers 36%.

Les disparitions inquiétantes de jeunes adultes et d'adultes devraient également être prises en compte dans le plan d'alerte. De plus, le déclenchement de ce dernier devrait incomber au seul Ministère public de chaque canton. Cette mesure permettrait de clarifier la question de la compétence du lancement de l'alerte.

Extension virtuelle et géographique

Le système devrait également être étendu aux pays limitrophes, plaide MCS. A l'heure de la libre circulation des personnes en Europe, cette proposition permettrait de gagner en efficacité et de répondre à la criminalité transfrontalière.

L'utilisation des réseaux sociaux et le lancement d'une application smartphone sont encore d'autres pistes à envisager. La Convention réglementant le déclenchement du plan date de 2009 et n'a jamais été revue, a remarqué Julien Délèze. Il semble obligatoire d'inclure les réseaux sociaux, «tant leur place dans la vie des individus s'est développée», note l'étude. (ats)

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