Equipe de Suisse: Trois mois pour une place au soleil

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Equipe de SuisseTrois mois pour une place au soleil

Avec un Ricardo Rodriguez sur le flanc et prié par son club de Wolfsburg de ne prendre aucun risque, son heure sonnera sans doute samedi: François Moubandje s'apprête, à 24 ans, à fêter ses grands débuts internationaux.

François Moubandje s'apprête, à 24 ans, à fêter ses grands débuts avec la Nati.

François Moubandje s'apprête, à 24 ans, à fêter ses grands débuts avec la Nati.

La probable titularisation contre la Lituanie dans une rencontre qui est - malheureusement - déjà capitale pour la Suisse récompense une histoire qui n'est pas banale. Trois mois à peine lui ont suffi pour se faire une place au soleil. François Moubandje n'est-il pas, en effet, resté une année sur la touche avant d'être appelé une première fois le mois dernier dans le cadre de l'équipe nationale ? Face à la Slovénie et à Saint-Marin, il n'a toutefois pas quitté le banc. «J'étais, bien sûr, déçu de ne pas jouer, lâche-t-il. Mais je respecte le choix de l'entraîneur».

«Un club pour moi»

«J'ai toujours nourri l'ambition d'aller plus haut», poursuit François Moubandje. Plus haut, c'est-à-dire dans un club bien plus huppé que le Servette FC qu'il a quitté l'an dernier au terme d'une saison noire marquée par la relégation en Challenge League.

«L'idée était bien sûr de partir à l'étranger, mais je n'étais pas contre aussi de rester en Suisse, poursuit le défenseur qui a quitté le Cameroun à l'âge de 8 ans pour, avec son frère et sa soeur, rejoindre sa mère à Genève. Puis l'offre de Toulouse est venue sur la table. J'ai compris très vite que le club me suivait depuis longtemps. J'ai eu une discussion avec l'entraîneur Alain Casanova. Il m'a convaincu que ce club était un club pour moi. Que les jeunes avaient leur chance ! Regardez ce qui se passe avec notre attaquant Wissam Ben Yedder. Il a 24 ans comme moi et il se retrouve aux portes de l'équipe de France».

Toutefois, sa chance a tardé à venir. «Mon transfert s'est finalisé très tard en août. Je n'ai pas pu suivre la préparation avec Toulouse, explique-t-il. Or en France, on demande beaucoup plus sur le plan athlétique qu'en Suisse». Avec cette blessure à la cuisse qui l'a mis longtemps sur le carreau, on a pu redouter que le défenseur partage le même sort qu'un ancien grand espoir du Servette FC, Julian Esteban, qui n'a jamais pu s'affirmer à Rennes.

Titulaire depuis le 16 août

«J'ai pris le temps de bien me soigner. Et j'ai pu mener toute la préparation estivale. Alain Casanova m'a toujours soutenu. Il m'a toujours dit que le club ne m'avait pas offert un contrat de quatre ans pour me «lâcher» après une saison. Même pratiquement «blanche». Il m'a répété que ma chance viendrait». Elle survient le 16 août lors de la deuxième journée contre Lyon. A l'heure de jeu, il remplace l'ancien joueur des Young Boys Dusan Veskovac pour ne plus abandonner cette place au sein de la défense à trois du Toulouse FC.

Mais à Saint-Gall, Moubandje, s'il joue, évoluera dans une défense à quatre. «L'adaptation ne devrait pas me poser de problèmes, dit-il. Avec Toulouse, il nous arrive de passer à quatre derrière pour renverser le cours d'un match. Nous l'avons fait la dernière fois le 24 octobre contre Lens». Un match que Toulouse avait toutefois perdu 2-0.

«Nous avons eu une série difficile avec quatre défaites de rang, précise Moubandje. Mais nous avons relevé la tête samedi en battant Metz 3-0». Dans le championnat le plus hermétique au monde, le TFC est désormais une équipe «joueuse» qui se laisse regarder. «Je suis de plus en plus convaincu que Toulouse est, à ce stade de ma carrière, le club idéal pour moi», poursuit le Genevois.

Heureux aujoud'hui à Toulouse et en sélection, François Moubandje n'oublie pas tout ce qu'il doit à Joao Alves. C'est l'ancien entraîneur du Servette FC qui est venu le chercher à Meyrin au début 2010 pour le lancer dans le grand bain. «A Meyrin, je jouais devant. Mais Joao Alves a senti que mes qualités pouvaient me permettre de m'imposer en défense en Challenge League. Je lui dois énormément. Joao Alves est une icône au Portugal. Il fut un très grand joueur. Un très grand formateur aussi. C'est lui qui a découvert Pauleta par exemple». Et donc le remplaçant du formidable Ricardo Rodriguez. (ats)

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